Reçu ce mardi par L’Invité du direct, l’émission de Radio M, la radio web de Maghreb Emergent, le PDG de Cevital est revenu sur les récentes acquisitions de son groupe, à savoir le rachat d’Oxxo, le géant français de la menuiserie PVC, et Michelin Algérie, la filiale locale du constructeur de pneumatique, assurant que l’ensemble des emplois sur ce site seront conservés.

Cevital, le premier groupe privé d’Algérie, a beaucoup fait parler de lui ces dernières semaines en prenant le contrôle tour a tour d’Oxxo, le fabricant de porte et fenêtre français, et de Michelin Algérie, le manufacturier de pneumatique, qui a annoncé dans le même temps la fermeture de son site de production à Alger d’ici la fin de l’année. Invité de l’entretien hebdomadaire de Radio M, la web radio de Maghreb Emergent, cette après-midi, Issad Rebrab, le patron de Cevital, est revenu longuement sur cette dernière acquisition.

Le rapprochement entre le leader français du pneu et le groupe algérien est en réalité ancien, a confié Issad Rebrab, au micro de Radio M. Cevital a été approché par la maison-mère de Michelin pour co-construire une usine d’une capacité de production de 2 millions de pneus lourds et 5 millions de pneus domestiques à Cap Djenet. Mais en raison de la crise aiguë qui frappe de plein fouet le secteur de l’automobile en Europe, l’activité de Michelin a ralenti de manière significative et, en conséquence, le projet est tombé aux oubliettes, révèle Issad Rebrab. « Les usines Michelin fonctionnent en sous-charge et le marché algérien ne peut à lui seul supporter cette production. En plus, l’Algérie est ouverte aux autres marques », avance-t-il.

La crise du secteur de l’automobile n’explique pas à elle seule le départ de l’entreprise Michelin d’Algérie. L’usine d’Alger était « structurellement déficitaire » en raison de sa « taille critique » qui permettait de produire 200.000 pneus par an alors que la demande s’élève aujourd’hui à 2 millions de pneus poids lourds et 5 millions de pneus domestiques, explique aussi Issad Rebrab. Pour répondre à cette demande, il faudrait construire une usine d’« une dimension internationale rentable », de 150 hectares contre 15 hectares aujourd’hui.

 Un centre commercial à la place de l’usine

Interrogés sur le sort réservé aux 600 salariés de Michelin Algérie, le patron de Cevital a assuré qu’aucun des postes ne sera supprimé. « Nous sommes un sauveur d’emplois », a-t-il déclaré. « Nous allons conserver l’ensemble des 600 emplois. Nous sommes prêts à reprendre l’ensemble des effectifs dans le groupe Cevital », a-t-il poursuivi. Les employés de Michelin Algérie seront embauchés dans une unité de fabrication de fenêtre et double vitrage que Cevital ouvrira à Bordj Bou Arréridj et qui créera au total 3.000 emplois, a annoncé Issad Rebrab, reconnaissant que cette solution ne conviendra toutefois pas à tous les ex-employés de Michelin Algérie. « Pour ceux qui y vivent en dehors d’Alger, je reconnais que ce n’est pas si simple de se rendre jusqu’à Bordj Bou Arréridj », a-t-il acquiescé.

Questionné sur l’avenir du site industriel, l’homme fort de Cevital a dit vouloir restructurer en profondeur le lieu. « Nous y installerons un centre commercial, une université, un hôpital », a dévoilé Issad Rebrab, ajoutant qu’il entreprend de « structurer Bach Djerrah autour des services et non pas autour de l’industrie ». « Il faut absolument que l’unité de production soit délocalisée à l’extérieur d’Alger », a-t-il enfin soutenu au micro de Radio M.

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