En Algérie, les scandales de ces dernières années sont loin d’être inédits. Depuis Boumédiène, l’argent est une arme à double tranchant.

Ces dernières années ont incontestablement été marquées par la multiplication de scandales financiers. Mais il serait injuste d’imputer la corruption au seul règne d’Abdelaziz Bouteflika. « La prévarication et les malversations sont antérieures, assure Me Miloud Brahimi, avocat renommé et figure de la lutte pour les droits de l’homme. La différence est qu’aujourd’hui des milliards de dollars sont injectés annuellement dans la sphère économique. »

Le système a de tout temps toléré, voire encouragé, la corruption. Avant de prendre totalement les rênes du pouvoir, Houari Boumédiène avait commencé par neutraliser de nombreux rivaux en leur proposant de se reconvertir dans les affaires, ordonnant au Trésor public de leur accorder des sommes colossales sous forme de « crédits non remboursables ». Plusieurs personnalités historiques cédèrent à ses propositions indécentes. Les années Chadli Bendjedid furent elles aussi émaillées de nombreuses affaires de concussion impliquant des pontes du régime ou leur progéniture.

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