Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie a beaucoup changé. Le parti que préside aujourd’hui Mohcine Belabbas n’exclut plus de partis ou tendance politique dans ses activités. Plus que cela, le RCD est dans une nouvelle dynamique qui inclut « toutes les forces politiques qui vont dans le sens de changement ». Y compris les islamistes.

Lors de la dernière convention nationale du RCD, des observateurs de la scène politique étaient presque unanimes à être surpris par un invité pour le moins inhabituel : Abderrezak Mokri, le tout nouveau patron du MSP. Le chef islamiste, qui s’est affranchi du poids de la participation de son parti à l’Alliance présidentielle, devient d’un coup fréquentable. L’homme est tellement «fréquentable» qu’il est reçu, deux jours plus tard, au siège national du RCD. Avec Mohcine Belabbas, président du parti « républicain et démocrate », Mokri discute de tout. Mais surtout de la situation politique du pays. « La rencontre a duré 1h45 », précise-t-on du coté du RCD. Cela s’est déroulé dans une relative transparence.

Le lendemain de cette entrevue, Mohcine Belabbas, flanqué d’autres membres du bureau du parti, a reçu un autre chef islamiste, un membre de l’Alliance verte. Il s’agit de Fatah Rebai, président de Ennahdha. Le thème de la rencontre est le même : discuter de la situation du pays. Les deux rencontres se sont déroulées dans une relative transparence. Le RCD a, d’ailleurs, rendu public ces deux rencontres et en promet d’autres. L’essentiel étant de trouver «un smig républicain» autour duquel des partis politiques vont se rencontrer. Le RCD n’a pas en revanche exprimé d’opinion précise sur la proposition d’Abdelmadjid Menasra portant sur le choix de présenter un « candidat du consensus » de l’opposition. Cette idée se veut, selon son promoteur, une manière de s’entendre sur un « homme qui fait la synthèse » de tous les courants qui existent sur la scène politique. Il faut juste rappeler que le RCD a déjà préparé sa mouture de la nouvelle Constitution. Les grandes lignes ont été déjà rendues public. Quand aux présidentielles de 2014, le parti ne s’est pas encore prononcé.

Essaïd Wakli