Le président égyptien Mohamed Morsi a exclu mardi 2 juillet un départ anticipé, se déclarant prêt à « donner sa vie » pour préserver sa « légitimité » et appelant l’armée à retirer l’ultimatum, qui expire mercredi 3.  Dans la nuit de mardi à mercredi 3 juillet, 23 personnes ont péri dans une attaque contre un rassemblement d’islamistes pro-Morsi près de l’université du Caire et lors d’affrontements ailleurs dans la capitale. 

S’adressant à la télévision sur un ton combatif, le président islamiste a martelé qu’il « continuerait à assumer la responsabilité du pays », présentant sa « légitimité » comme « la seule garantie contre l’effusion de sang » et répondant ainsi implicitement à ceux qui estiment que son départ permettrait de résoudre les tensions qui secouent le pays. Il a aussi mis en garde contre le « piège » d’une violence « sans fin« , alors que les violences ont déjà fait 47 morts en une semaine de manifestations.

REFUS DU « DIKTAT » MILITAIRE

Peu avant sur son compte Twitter officiel, il avait appelé les forces armées à « retirer leur avertissement » et refusé tout « diktat« , en référence à l’ultimatum militaire, assimilé par ses partisans à un coup de force pour le faire partir.Ces déclarations ont été faites après avoir rencontré tout au long de la journée le ministre de la Défense et chef de l’armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, qui fait figure d’homme fort face au président.En cas d’échec de son ultimatum, l’armée a indiqué qu’elle établirait elle-même une « feuille de route » pour résoudre la crise, mais a assuré qu’elle ne voulait pas préparer un « coup« .

L’ARMÉE ANNONCE UNE « FEUILLE DE ROUTE »

Selon le quotidien gouvernemental Al-Ahram, cette « feuille de route » prévoit notamment la nomination d’un conseil présidentiel et une suspension de la Constitution pour une période de transition -placée « sous la supervision de l’armée- pouvant durer jusqu’à un an.Le mouvement Tamarrod (rébellion), à l’origine des manifestations anti-Morsi, a réagi en accusant le président de « menacer son peuple« . 

L’OPPOSITION SALUE L’ULTIMATUM DE L’ARMÉE

De son côté, l’opposition a salué l’ultimatum de l’armée, y voyant un appui de poids dans sa volonté de pousser vers la sortie Mohammed Morsi, accusé de vouloir instaurer un régime autoritaire au profit du mouvement dont il est issu, les Frères musulmans.En vue d’une « transition politique« , l’opposition a annoncé que Mohammed ElBaradei, ancien chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), serait son unique « voix« .
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