La comparaison avec l’Egypte agace l’Algérie

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L’Algérie ne veut plus qu’on compare ce qui se passe en Egypte à son expérience avec les mouvements islamistes. L’agacement devient plus vif lorsqu’on parle de « coup d’Etat qui a mené à la violence ». La comparaison est même parfois l’œuvre de certains responsables.

C’est le cas de l’ambassadeur d’Egypte à Alger. Azzedine Fahmi a même été convoqué au ministère des Affaires Etrangères. « L’ambassadeur d’Egypte a été convoqué par le ministère des Affaires étrangère en vue de s’expliquer sur des déclarations qu’il lui sont attribuées. Il a nié en bloc avoir dit cela » a confié le porte-parole des affaires étrangères, Amar Belani, dans une déclaration écrite rapporté par le quotidien El-Khabar.

Amar Belani ne veut pas pour autant donner l’impression que l’Algérie s’ingère dans les affaires internes de l’Egypte. «Nous déplorons la violence », a-t-il dit tout en précisant que « ce qui se passe concerne uniquement les Egyptiens ».

Des milieux médiatiques et politiques parlent souvent du risque de voir l’Egypte sombrer dans un scénario « à l’Algérienne ». Ce qui revient à dire que, comme en Egypte, l’armée algérienne aurait commis un « coup d’Etat » qui avait conduit les Islamistes à la violence. Or, les autorités algériennes ne voient pas les choses de cette façon. Puisque, en Algérie, il n’y avait, par exemple, pas d’élection présidentielle en 1992. Et les signes de violence islamiste avaient commencé bien avant les élections législatives de 1991.

L’armée égyptienne avait renversé Mohamed Morsi après avoir refusé de quitter le pouvoir alors que des millions d’Egyptiens étaient dans les rues pour demander son départ. Ses partisans campent, depuis le 03 juin, dans les rues des grandes villes égyptiennes pour demander son retour, tandis que ses adversaires restent encore dans la place publique pour appuyer l’armée dans sa décision.

E.W.