Le secteur des hydrocarbures et de l’énergie n’est pas le seul à être miné par la corruption. Le secteur de la santé est lui aussi dominé par des cercles mafieux qui brassent des milliards de DA avec un trafic d’un tout autre genre. 

Lundi, le quotidien arabophone El Khabar a fait des révélations fracassantes à ce sujet. D’après cette source, un lobby d’une quinzaine d’opérateurs détient le monopole du marché des équipements médicaux en Algérie. Ces derniers profitent des centaines de milliards de centimes dépensés par le secteur annuellement pour l’acquisition du matériel nécessaire au profit des établissements de santé publique. Le lobby, qui a pu placer ses hommes partout, au niveau central comme dans les directions des wilayas de la santé remporte la majorité des marchés publics. Une situation de monopole qui a poussé bon nombre d’autres opérateurs à mettre la clé sous le paillasson. Ainsi, dès qu’un hôpital, même situé au fin fond du pays, réfléchit à émettre un avis d’appel d’offres pour l’acquisition d’un outil ou matériel donné, ce lobby déploie ses tentacules. Il est, de facto, le mieux préparé pour obtenir le marché. Certains cadres du secteur de la santé sont complices et font passer des commandes alors que leurs structures ne peuvent même pas utiliser le matériel nouvellement acquis. C’est pour cette raison que dans plusieurs hôpitaux et polycliniques, des équipements médicaux restent sous emballages jusqu’à ce qu’ils ne soient plus utilisables. Dans d’autres cas, les opérateurs composant ce lobby soumissionnent et livrent du matériel ancien que les médecins refusent d’utiliser. C’est ainsi, qu’au moment où on utilise des «échographes» en couleur haute définition, les hôpitaux algériens achètent toujours des «échographes» en noir et blanc.

El Khabar révèle également que les documents en sa possession indiquent que dans certains cas, les offres des concurrents sont meilleures, financièrement ou sur le plan technologique et technique, mais c’est toujours celles émanant des membres de ce lobby qui sont retenues.  Il est clair enfin que cette situation contribue énormément à la déliquescence que connaît le secteur de la santé en Algérie. Récemment, certains médecins ont fait savoir qu’un scanner est resté inutilisé, à l’hôpital Mustapha Bacha d’Alger, jusqu’à ce que la période de sa garantie, qui est de trois ans, soit épuisée. En somme, il n’y a pas un secteur en Algérie qui n’est pas miné par la corruption.

Elyas Nour