Moussa Touati se rebelle de plus en plus et radicalise son discours au fil des sorties médiatiques. C’est ce qu’il vient de faire à l’occasion d’une interview accordée ce matin au journal El-Watan week-end, lors qu’il a soutenu que l’Etat « fonctionne mieux sans le président ». Tout un symbole.

« Ce que nous constatons aujourd’hui, c’est que l’Etat fonctionne mieux sans le Président, car c’est le vrai pouvoir qui dirige aujourd’hui les affaires de l’Etat. Il y a plus d’initiatives qui sont prises, comme si le pays était libéré d’un poids qui l’empêchait d’avancer », estime en effet le président du Front national algérien. Il estime, de ce fait, que cela incite à ne pas précipiter le calendrier électoral.

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Moussa Touati estime qu’il faut suspendre le projet de la Révision constitutionnelle décidée par Abdelaziz Bouteflika. A la place de ce projet, le président du FNA préconise l’organisation d’une « grande consultation populaire pour définir la nature du régime que les Algériens souhaitent avoir mis en place. Cinquante ans après l’indépendance, il me paraît important qu’enfin la nature du régime algérien ne soit plus tributaire des pressions extérieures, mais émanerait du choix des Algériens ». Cela est la seule condition qui mène, selon lui, à la rédaction d’une « Constitution définitive » qui ne dépende plus de « personnes ».

L’absence du président de la République et l’impression de bon fonctionnement que donnent les institutions du pays, incitent Moussa Touati à se poser la question sur « l’autorité réelle qui gère le pays ». « Il apparaît clairement que l’Algérie est entre les mains d’un pouvoir de l’ombre. Au FNA, nous voulons savoir qui sont ces personnes qui dirigent en sous-main l’Algérie », soutient-il.

Le Conseil national du front national algérien a adoubé Moussa Touati pour présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2014. Le concerné n’a pas encore annoncé publiquement sa décision.

Essaïd Wakli