Un malheureux paradoxe. C’est au cours du mois de Ramadhan, en pleine période de jeûne et d’abstinence, que le triste phénomène du gaspillage alimentaire explose en Algérie. Selon l’Union nationale des commerçants et artisans algériens, le coût du gaspillage alimentaire dépasserait cette année 500 milliards de centimes.

Des files d’attente interminables. A 24 h du début du mois sacré, les Algériens prennent d’assaut les marchés du pays, malgré la cherté de la vie et la flambée des prix. Ils courent s'approvisionner en ingrédients indispensables pour la préparation de la chorba du ftour. Mais, comme chaque année, une partie de ces provisions finiront aux ordures.

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Oui, le gaspillage alimentaire décuple durant le Ramadhan. Lors d'une conférence de presse animée dimanche 7 juillet, l’Union nationale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) tire la sonnette d'alarme contre la propension des Algériens à dépenser sans compter. Selon l'UGCAA, le gaspillage devrait dépasser 500 milliards de centimes cette année et ce, en raison du degré de consommation qui s'est élevé à 50% dans tous les produits alimentaires. Dans le détail, sur les 10 millions de quintaux de légumes consommés pendant le mois sacré, 500 mille quintaux sont jetés à la poubelle, a souligné le président de la filière de fruits et légumes. Même son de cloche du côté des boulangers. D’après le président de la commission nationale des boulangers, les Algériens consomment 4,1 milliards de baguettes de pains lors du Ramadhan mais en jettent aux ordures 120 millions de baguettes. Le gaspillage alimentaire touche également la consommation de lait. Le porte-parole de l'Ugcaa, Hadj Taher Boulanouar, a ainsi indiqué que les Algériens achètent environ 150 millions de litres de lait durant le Ramadhan, dont 12 millions partent à la poubelle.