Drôle de façon de faire d’un Wali pour combattre le trafic de carburant qui sévit aux frontières du pays. Le premier responsable de la wilaya d’El Tarf a ordonné, par le biais d’un arrêté wilaya datant du 27 juin dernier, aux propriétaires des stations services, de noter, dans un registre, toutes les informations des clients : noms, type de véhicule, matricule et enfin la quantité du carburant acheté. A défaut la wilaya procéderait à la fermeture immédiate pour une durée de trois mois, avant la fermeture définitive, de l’établissement qui ne respecterait pas cette instruction.

Une mesure qui a, apparemment, provoqué l’ire des concernés qui se sont aussitôt réunis. Ceux-là ont décidé donc de ne pas répondre favorablement à cette doléance étant donné qu’ils n’ont pas, légalement, la latitude de «ficher» leurs clientèles. Pour les propriétaires des stations services, tenir un tel registre fait partie des prérogatives des services de sécurité. A cet effet, ils se sont même dits prêts à «dégager» un espace ou bureau où un policier pourra effectuer cette tache, nous apprend dimanche le quotidien arabophone El Khabar.

Selon cette source, les concernés, au nombre de 24 – les stations services privées – qui ont tenus une réunion ce week-end, ont unanimement affirmé que les contrebandiers sont généralement des PME (petite et moyenne entreprise) créées grâce aux différentes aides de l’Etat (Ansel, Angem…) et que celles-ci, au nombre de 5000 environ, disposent de véhicules utilitaires – d’une grande capacité de stockage– dont ont bénéficié ces jeunes.  Les propriétaires de ces stations  services estiment que le meilleur moyen de lutter contre ce genre de contrebande est de multiplier les points de contrôles tout au long de la bande frontalière. Ils refusent donc d’être tenus pour responsables de cette pénurie de carburant qui frappe de plein fouet les wilayas frontalières.

Elyas Nour

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