Des voitures en Algérie
Des voitures en Algérie

Les chiffres de l’Office national des statistiques (ONS) sont formels : les grandes villes dominent le parc national automobile algérien.

A ce jour, près de 5 millions de voitures circulent en Algérie. 4 812 555 très exactement. Un chiffre qui ne devrait pas décroître si l’on en croit la dernière publication de l’ONS qui fait état d’une nouvelle hausse des immatriculations au second semestre 2012. 588 837 véhicules ont été immatriculés ou réimmatriculés sur cette seule période. Le choix des Algériens s’est essentiellement porté sur les véhicules de tourisme (74%) et les camionnettes (19%).

Des voitures importées destinées aux grandes villes

La particularité des six derniers mois de 2012 réside dans le « forte hausse » des importations de véhicules, qui ont atteint 304.823 unités, dont 173.950 véhicules immatriculés définitivement, soit 57,06% du total. Si l’on regarde l’ensemble de l’année 2012, l’Algérie a importé 568.610 véhicules contre 390.140 véhicules en 2011. En valeur, cela représente 514,43 milliards de DA pour 2012 contre 354,16 milliards de DA en 2011 (+ 45,25%). Conséquence logique : le nombre des véhicules immatriculés et réimmatriculés reste dominé par les marques européennes (françaises et allemandes) et asiatiques (sud-coréennes et japonaises).

Autre enseignement de la publication de l’ONS : les grandes villes dominent le parc national de l’automobile. Arrive en tête, sans grande surprise, la wilaya d’Alger qui représente à elle seule 14,46% des nouvelles immatriculations ou réimmatriculations. Soit 85 174 véhicules enregistrés au deuxième trimestre 2012. Viennent ensuite Annaba (5,65%, 33.288), Blida (5,29%, 31.164), Tizi-Ouzou (5%, 29.419) et Constantine avec 4,47%, soit 26.304 unités.

La qualité de l’air, défi des prochaines années

Une bonne nouvelle pour l’économie, mais une mauvaise pour l’environnement puisque selon l’ONS, plus de 64% des voitures roulent à l’essence contre près de 36% au gasoil. Plus de la moitié des voitures de tourisme (54,70%) utilisent l’essence comme source d’énergie et 21,36% le gasoil. De quoi apporter de l’eau au moulin du Pr Zidouni, pneumologue, qui s’alarmait de la dégradation de la qualité de l’air en mai dernier, lors de la deuxième journée de pneumologie de la wilaya de Bejaïa.

Le Pr Zidouni a plaidé pour un plan d’urgence de la qualité de l’air et lancé un appel au gouvernement pour réguler le parc automobile, soulignant que contrairement aux idées reçues, ce n’est pas l’industrie qui pollue le plus en milieu urbain, mais le trafic automobile à hauteur de 54%. Selon l’Organisation météorologique mondiale, la pollution de l’air en milieu urbain cause chaque année dans le monde la mort prématurée de 2,3 millions de personnes. Le chiffre des victimes de la pollution de l’air s’élèverait aujourd’hui à 3,2 millions de personnes sur le globe, contre 800 000 en 2000.

Point positif noté par le Pr Zitouni : le rajeunissement du parc automobile en Algérie. La contrainte écologique est davantage prise en compte dans la production récente. Autre motif de satisfaction, délivré ce lundi par l’ONS, le ralentissement des immatriculations entre le premier et le second semestre 2012. Une inflexion de 1,04% – soit 21 000 unités – qui laisse présager un reflux durable.

Neila Latrous