Le lait et le pain ont déserté le marché algérien au cours de la fête de l’Aïd-el-fitr, et ce, en dépit des multiples promesses du ministère du Commerce. Au quatrième jour du Ramadhan, les rideaux des boulangeries et de certains commerçants sont toujours baissés.

Comme de coutume, aucune wilaya ne déroge à la règle des pénuries. Ces deux produits essentiels dans la vie quotidienne des Algériens sont devenus rares. Pour s’offrir quelques baguettes de pain il est désormais impératif de se présenter tôt le matin chez le boulanger ou tout simplement avoir une connaissance avec le boulanger. Habituellement approvisionnés plusieurs fois par jour, des épiciers, improvisés en vendeurs de pain depuis des années, se disent eux-mêmes incapables d’expliquer cette pénurie.

Cette situation, normale, en période de célébration de fêtes religieuses notamment, semble se prolonger comme à chaque  année, au-delà des deux jours de fête. Depuis la veille de cette célébration, mercredi, de nombreux consommateurs ne faisaient que sillonner les boulangeries  en quête de la baguette de pain qui demeure introuvable.

Les boulangers, en dépit du planning de permanences annoncé la veille de l’Aid, n’ont pas tenu, cette année encore, leurs engagements, ont déploré des citoyens qui affirment que durant les deux premières journées de l’Aïd, leurs rideaux sont restés fermés et le peu de pain disponible était proposé à 25 DA l’unité.

Désappointés, certains ont néanmoins fini par emporter quelques baguettes chez eux alors que d’autres, rechignant, ont affirmé que la galette faite à la maison saura combler au mieux ce manque conjoncturel.  De leur côté, des boulangers ont indiqué que le manque crucial de main-d’œuvre  locale pose problème à chaque fois en raison du départ en congé des employés, résidents dans d’autres wilayas, pour fêter l’Aïd en famille. S’agissant du lait, ce dernier est introuvable dans les marchés.

Trouver un sachet de ce produit essentiel relève du miracle. Pour rappel, l’Union générale des commerçants et artisans algériens avait fait savoir que ses adhérents ont été informés qu’ils ne seront pas approvisionnés durant ces deux jours. Le rythme de la production a  baissé en raison du départ des travailleurs. Alors que le ministère du Commerce a été contraint de mettre en place une loi obligeant les commerçants à assurer le service minimum pendant les jours de l’Aïd, voilà qu’un autre produit essentiel, non soumis à cette réglementation, a connu une nouvelle pénurie.

Les citoyens, n’ont guère le choix, que de s’orienter vers  le lait en poudre. Ce dernier est cédé  à un prix pas toujours à la portée des petites bourses.  Ce n’est pas seulement le lait et le pain qui sont introuvables. Il faut dire que tous les commerces sont fermés. Les boulangers, les bouchers, les vendeurs de vêtements…  On dirait vraiment  que c’est la fin du monde !

Lu sur le Maghreb