Les associations de lutte contre le Sida en Algérie se sont regroupées en un seul réseau en 2012 et renouvellent la lutte contre le virus avec un plan d’action qui vise à sensibiliser les populations, les médias et les pouvoirs publics.

« La complexité de la thématique du VIH/Sida impose une réponse collective et coordonnée. C’est à cette préoccupation que répond le réseau algérien contre le Sida » ont-elles déclaré. Face à l’ignorance et la stigmatisation, il leur faut informer et changer les mentalités afin de combattre efficacement la maladie, « sans confrontation frontale, mais en s’adaptant au contexte social » a ajouté le Dr. Scander Abdelkader Soufi, coordinateur du réseau.

Advertisement

« Le tabou, l’ignorance et les fausses perceptions continuent d’alimenter des réactions de rejet des personnes atteintes par le virus, qui vivent cette situation au quotidien» et la « stigmatisation explique la hausse de la contamination » affirme-t-il. La maladie est la cause de « licenciements, de divorces, elle entraîne toute une dislocation sociale ».

Il s’agit d’abord d’informer les Algériens sur la maladie pour faire taire les préjugés. Nombre d’entre eux ne savant pas que la maladie existe dans notre pays, ou comment est ce qu’elle se transmet. Les différentes associations lancent des campagnes de sensibilisation dans ce sens, dans les écoles, centres de formations ou sur les plages et encouragent le dépistage. C’est « toute une perception qui est à changer dans la société » explique Mouloud Salhi, de l’association étoile culturelle d’Akbou, car même le réseau associatif est stigmatisé.

Le corps médical responsable

Les professions médicales elles-mêmes véhiculent ce genre de préjugés en refusant de soigner des malades. Les cas de refus de soin sont courants surtout dans les cliniques privées, malgré les circulaires du ministère de la santé qui condamne ce genre de pratiques. AnisS, l’association de lutte contre la Sida d’Annaba s’est constituée partie civile contre une clinique qui a refusé de soigner un séropositif. Cependant, les actions en justice sont rares car elles exposent les malades qui préfèrent garder l’anonymat.

Les cliniques refusent de soigner les séropositifs pour protéger leur personnel de santé, pourtant le risque de contamination n’existe que si les précautions standards ne sont pas respectées. « La protection du personnel de santé est fondé mais l’inertie ne se justifie pas », c’est souvent de « l’ignorance et de la négligence » explique le coordinateur du réseau algérien de lutte contre le Sida.

Lors de la journée de mobilisation nationale organisée par les associations, le président de l’association algérienne des donneurs de sang a même demandé si une loi pourrait être votée pour enfermer les malades et les soigner dans les hôpitaux. Il a ensuite ajouté que malgré les dires, un vaccin efficace existe contre le SIDA : le respect de la religion. Non. Le mariage ne protège pas contre le Sida.

Des questions auxquelles le coordinateur du réseau a répondu en disant : « Quel serait donc le tord des femmes contaminés par leurs maris ? Quel serait donc le tord des enfants nés séropositifs ? … » Le discours religieux est aussi coupable de la propagation du Sida. Le Dr. Scander a exprimé son souhait «  de se baser sur des vérités scientifiques, plutôt que de véhiculer un discours religieux, moralisateur et contre productif ».

L’information et la prévention sont les remèdes au virus. Les préjugés ont la peau dure mais la maladie se soigne de mieux en mieux. Il faut impliquer l’ensemble des acteurs pour lutter contre le Sida, toute la population et pas seulement les malades, les élus et les médias. « La société civile doit travailler en synergie avec les institutions » explique le coordinateur du réseau, le Dr Scander.

Il est aussi temps de briser le silence et de promouvoir l’éducation sexuelle, car les jeunes sont les plus touchés par ce fléau et plus de 5 000 enfants sont abandonnées chaque année, notamment parce qu’ils sont nés hors mariage.

Suivre les associations de lutte contre le Sida sur les réseaux sociaux :

Facebook

Twitter

Lire aussi :

Les 10 chiffres clés du Sida en Algérie