Drogue comprimés psychotropes
Drogue comprimés psychotropes

7000 comprimés de drogue saisis depuis le début de l’année. La hausse du trafic de psychotropes est estimée à plus de 112% en 2013, selon les responsables des services de sécurité.

Le trafic des comprimés psychotropes connaît une explosion depuis le début de l’année. Il a supplanté celui du kif traité. Plus de 700.000 comprimés ont été saisis par les services de police et de gendarmerie et 48 réseaux ont été démantelés. Le phénomène a atteint des proportions tel que le directeur de la police judiciaire auprès de la DGSN et le commandant de la Gendarmerie nationale ont instruit l’ensemble de leurs unités à cibler en priorité les fournisseurs de cette drogue.

Le Rivotril et le Diazépam sont classés parmi les psychotropes les plus demandés par les jeunes. Même le Subutex, un traitement substitutif de la dépendance aux opiacés, est fortement consommé. Cette frénésie juvénile pour la consommation de ce type de drogue en a fait augmenter les prix. « Avant, le comprimé était cédé à 50 DA voire 100 DA selon l’endroit mais, vu la pénurie, il est vendu à 500 DA et même à 900 DA comme le Subutex », nous dira un enquêteur de la division centre de la police judiciaire relevant de la Sûreté de wilaya d’Alger.

Le comprimé de Rivotril est cédé à 500 DA, selon les conclusions d’une enquête menée en cette fin de semaine par les enquêteurs de la police judiciaire de la sûreté de wilaya d’Oran.

Un infirmier a été interpellé dans cette affaire, a signalé le chargé de la communication auprès de la SW d’Oran. Les services de la Gendarmerie nationale de la wilaya d’Oran ont également saisi une quantité de 1.000 comprimés psychotropes. Les boîtes portaient encore des vignettes. Les deux dealers arrêtés ont déclaré aux enquêteurs avoir acheté la boîte à 2.000 DA et qu’ils s’apprêtaient à écouler leur marchandise à 500 DA le comprimé, soit un bénéfice net de 4.000 DA pour chaque boîte.

« Il s’agit d’un commerce fructueux », soulignent les enquêteurs. Les investigations des services de sécurité expliquent cette augmentation par le détournement de psychotropes dans les laboratoires pharmaceutiques, les pharmacies ou par l’entremise de fausses ordonnances médicales.

« Nous savons également qu’il existe des grossistes trafiquants qui facturent à l’insu des pharmaciens afin de détourner le produit du circuit autorisé par un simple jeu d’écritures », affirme cet enquêteur.

Des infirmiers, des médecins et des pharmaciens ont été interpellés à Oran, El Oued, Constantine, Guelma et Mostaganem pour trafic de psychotropes. « Ils alimentaient les réseaux criminels », ajoute notre source. Ainsi, à Guelma, les enquêteurs du groupement territorial de la gendarmerie ont interpellé plusieurs pharmaciens, médecins et grossistes en médicaments.

Les gendarmes ont découvert que les psychotropes produits par une filiale de Saidal ont été vendus à des grossistes. Résultat : plus 22 pharmaciens ont été auditionnés lors de l’enquête qui s’est étendue à Mila, Constantine, Oum El-Bouaghi, Sétif, Tébessa, Alger, Aïn Defla, Djelfa, Laghouat et Tiaret.

Les brigades anti-stupéfiants de la police ont été mises en alerte au niveau des villes à forte concentration de ce type d’activité. Durant le mois de Ramadhan, cinq réseaux ont été démantelés dans la capitale. Plus de 8.845 comprimés de psychotropes de marque Rivotril ont été saisis à Bab El-Oued et El-Harrach. Les officines sont soumises à des contrôles inopinés afin de veiller au respect de la réglementation sur la prescription de ces comprimés.

Il est à signaler que l’achat de ce type de médicaments est conditionné par la présentation d’une notice médicale et d’une copie de la carte d’identité du patient. Les informations relatives à l’identité du patient et celle du médecin sont obligatoirement mentionnées dans un registre spécial paraphé et cacheté par la Direction de la santé et contrôlé par les services de sécurité.

Lu sur Horizons

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