Lu sur L’Expression

Nouvelle époque, nouvelles traditions. Alors que ces dernières années, les voeux de l’Aïd s’exprimaient par SMS, les Algériens ont découvert cette année une méthode moins coûteuse: Facebook.

Présentant les mêmes avantages que les SMS, avec en plus la gratuité, Facebook est la star incontestée de cet Aïd El Fitr. En effet, comme avec les «textos», ce réseau social permet d’envoyer des messages de voeux à plusieurs destinataires en même temps. «On écrit un seul message de voeux de l’Aïd que l’ont envoie à tous nos contacts. Cela nous fait gagner du temps, et l’on n’oublie personne», témoigne Sidou, un jeune employé dans une société privée qui venait d’envoyer ses voeux à ses amis, mais aussi à ces contacts professionnels. Rachda, elle, a aussi opté pour des voeux «virtuels». Mais contrairement à Sidou, elle a choisi une illustration au lieu d’un message. «Une belle photo où est marqué Aïd Moubarek avec en fond une belle mosquée où j’ai marqué mes amis auxquels je veux souhaiter un bon Aïd El Fitr», rapporte-t-elle. L’application pour l’identification des amis sur les photos permet à chaque utilisateur de taguer ses contacts Facebook sur les photos qu’ils partagent. L’utilisateur mentionné recevra une notification et la photo apparaîtra dans la section «Photos de vous». Elle permet aussi de marquer plusieurs contacts en même temps.

Cette application a été utilisée par certains de nos compatriotes comme une façon originale de présenter leurs voeux. Ces deux façons de souhaiter un bon Aïd ont donc l’avantage de faire gagner du temps. mais aussi de l’argent. «Avec les textos, aussi, on peut faire des envois multiples. Mais chaque SMS nous coûte 5 DA, alors que sur Facebook, cela est gratuit pour ceux qui disposent d’une connexion Internet et pour les autres, cela ne leur coûtera que quelques dizaines de dinars au cybercafé», souligne Rachda, pour expliquer les raisons qui l’ont poussée à opter pour ces voeux de nouvelle ère.

Malgré cette nouvelle tendance «facebookienne», les SMS n’ont pas complètement disparu. Halim, lui, a choisi les deux méthodes. «J’ai envoyé des SMS à mes amis et proches, mais ceux que j’ai oubliés, je leur souhaite un bon Aïd dès que je les vois connectés sur Facebook à travers les discussions instantanées», affirme-t-il. «Comme ça je n’oublie personne», rétorque-t-il. Comme Halim, les voeux de Sabrina se sont faits en même temps sur Facebook et par SMS. «Je les ai envoyés de ces deux façons, car pendant la fête de l’Aïd il y a une saturation du réseau téléphonique. Certains SMS ne passent pas du tout, même si on insiste. Alors que d’autres passent et n’arrivent pas à leurs destinataires, ce qui crée certains incidents diplomatiques», rapporte-t-elle avec humour. «J’envoie donc des textos et des messages sur Facebook comme ça je suis sûre que mes voeux arrivent bien à destination», ajoute-t-elle.

Les textos restent aussi un moyen utilisé par les personnes débranchées des réseaux sociaux.
Cette situation a fait que le cybercafé et les kiosques multiservices soient pris d’assaut par les citoyens pendant l’Aïd. Qu’ils soient jeunes ou âgés, hommes ou femmes, ils se sont rendus dans ce genre de commerces pour accéder à une connexion Internet ou recharger en crédit leurs téléphones portables.

L’envoi des voeux par SMS ou sur Facebook n’a pas manqué de susciter des débats. Si certains les voient comme un avantage, d’autres comme une malédiction. Ils estiment que c’est moins convivial que les visites familiales et vident, ainsi, l’Aïd de son sens initial. «Déjà, les appels téléphoniques ont fait perdre à l’Aïd son charme, les gens préfèrent téléphoner que d’aller rendre visite à leurs proches. Maintenant, avec ces SMS et l’Internet, ils ne prennent même pas la peine de leur parler. Un message type qu’ils envoient à plusieurs personnes», proteste Da Belaïd qui préfère se déplacer le jour de l’Aïd pour souhaiter, de vive voix, un joyeux Aïd aux vieux oncles, vieilles tantes et autres aînés. «C’est cela le charme de l’Aïd, on est censé profiter de ces deux jours pour voir nos proches, que l’on n’a pas eu le temps de voir le reste de l’année», certifie-t-il. Les TIC ont donc gagné la fête de l’Aïd des temps modernes, mais rien ne remplacera les «bousboussete» (bises) des temps immémoriaux…

Walid Aït Saïd

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