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Pour des économistes algériens, le remaniement opéré par le président Abdelaziz Bouteflika ne se justifie que par la préparation des présidentielles et n’indique aucun changement de cap significatif au plan économique.

Qualifié dans la presse de « plus important depuis de longues années » (pas moins de 11 ministres limogés), le remaniement ministériel opéré mercredi dernier par le président Bouteflika « n’a aucun objectif stratégique », soutient l’économiste Abderrahmane Mebtoul, précisant qu’il a pour seul objectif de « préparer les élections présidentielles » d’avril 2014 : « L’équipe gouvernementale issue de ce remaniement n’a pas d’objectif économique. Ce n’est pas l’économie qui l’intéresse mais plutôt de gérer les affaires courantes. Elle est là pour des solutions conjoncturelles. »

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Pour Abderrahmane Mebtoul, le pays a besoin de « réformes structurelles » dont le pouvoir en place ne veut pas. Cette conviction est partagée par Yacine Ould Moussa, également économiste et enseignant universitaire, qui insiste sur le caractère « conjoncturel » de l’équipe « Sellal II ».

Le libéral Amara Benyounes se convertira-t-il a protectionnisme ?

Cherif Rahmani, désigné il y a un an pour diriger le portefeuille de l’Industrie, est remplacé par son homologue Amara Benyounès. L’ancien ministre de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire aura la lourde tâche de mettre l’entreprise algérienne « au cœur du projet économique » comme il l’a promis au lendemain de sa nomination par le président Bouteflika à la tête de son nouveau département. La question se pose si cet homme connu pour ses penchants « libéraux » continuera sur la même lancée que son prédécesseur qui s’est distingué par des positions « protectionnistes ».

Le remaniement décidé par le président Abdelaziz Bouteflika a apporté une petite nouveauté dans l’organigramme gouvernemental : le département du Budget qui échoit au désormais ex-PDG du Crédit populaire algérien (CPA), Mohamed Djellab. Des commentaires dans la presse notent que sa désignation à ce poste  « ne répond pas forcément au souci d’équilibrer le budget de l’Etat ».

Pourtant l’équilibre budgétaire est revenu sur le devant de la scène après l’annonce de l’annulation de la loi de finances complémentaire pour 2013 suivie de l’alerte de la Banque d’Algérie sur une (mauvaise)  gestion des finances publiques qui peut conduire à de graves « vulnérabilités ».

Lu sur Maghreb Emergent