Le syndicat des enseignants du secondaire, le CLA, réclame une enquête à propos du marché des travaux de rénovation du lycée Colonel Lotfi d’Oran. Un chantier qui a démarré, selon le communiqué de l’organisation syndicale, dont nous avons obtenu une copie, en 2009 et qui n’a pas, apparemment, avancé d’un iota.

«Le CLA, après avoir constaté plusieurs dépassements dans l’exécution du projet, demande une commission d’enquête sur la manière avec laquelle l’entreprise chargée des travaux (contre une enveloppe de 190 millions de dinars), qui n’a pas de moyens matériels et humains, a pu décrocher le marché», lit-on dans le texte. Ainsi, le CLA demande aux autorités publiques de «diligenter une commission qu’enquête dans les plus brefs délais pour déterminer dans quelles conditions une entreprise qui n’a pas de moyens humains et matériels, comme il est stipulé dans la réglementation des marchés publics, a pu décrocher un projet pareil».

Selon le signataire du communiqué, Hakem Bachir, qui est également professeur au niveau de ce lycée, «l’entrepreneur a engagé des travaux dans pratiquement toutes les parties de l’établissement sans pouvoir les mener jusqu’au bout.» Pire encore, depuis l’entame des travaux, la situation de cette infrastructure s’est davantage détériorée. «Les travaux ont ainsi commencé dans tous les locaux. Sans aucune priorité. Les ouvriers ont touché à l’étanchéité sans pour autant la refaire. Cela a provoqué des infiltrations d’eau lors des dernières pluies», indique-t-on encore. Pour cet enseignant, «au lieu de le rénover», le lycée a été tous simplement «détruit». Le syndicat évoque des infiltrations d’eaux fréquentes, des fissures dans les murs, des faux plafonds à bas prix et des poignées de porte camelote. En somme, une énième affaire de corruption qui ne dit pas son nom.

Elyas Nour