Saïd Sadi pense-t-il à l’élection présidentielle de 2014 quand il se rase chaque matin ? Décidément, oui. Mais pour l’heure, il ne l’affirme pas. Du moins, il ne l’affirme pas aussi ouvertement. En tout cas, avec subtilité et ironie, Saïd Sadi ne dit pas non à une candidature à cette élection qui revêt une importance stratégique pour l’avenir de l’Algérie.

En revanche, pour que sa candidature prenne sens, il pose d’ores et déjà ses conditions. Une démarche qui lui permet, tout de même, d’entamer sa campagne politique en bonne et due forme. Preuve en est, samedi pendant les travaux de l’université d’été du RCD à Tizi-Ouzou,  Saïd Sadi a estimé que « le temps n’est pas à parler de l’élection présidentielle. Il est d’abord question de parler des conditions de cette élection ». « On ne peut pas prendre part à un match où l’arbitre fait partie de l’équipe adverse », a-t-il encore déclaré.

Le message est clair : je veux avoir des garanties avant de se présenter à une quelconque élection. Cependant, à l’heure qu’il est, l’absence des ces garanties ne semblent pas décourager outre mesure Saïd Said puisqu’il a relevé, sur un ton ferme, que « je n’ai pas abandonné la politique ». « Même si je me suis retiré de la présidence du parti, je continue à faire le travail de militant. Je ne reviens pas à la tête du RCD. Personne ne m’a chassé du parti. Je suis parti en mon âme et conscience », a-t-il asséné pour décrocher une flèche à l’égard de ses adversaires qui cumulent les mandats et les privilèges. « Dans la vie politique, il faut donner des exemples. On ne doit pas dénoncer la confiscation d’un pouvoir politique et rester à la présidence d’un parti », a-t-il argué à ce propos.

Le discours peut certainement plaire à de nombreux Algériens. La verve peut aussi séduire. Mais Saïd Sadi va-t-il pouvoir convaincre et mobiliser s’il brigue la fonction suprême ? Pour l’heure, il est difficile de dire oui. Les Algériens, ces électeurs complexes, ne savent, peut-être pas ce qu’ils veulent avec exactitude. La stabilité au risque du statut quo ou le changement  au risque de bouleverser les équilibres en place ? Telle est la question…