Les commerçants ont-ils assuré la permanence durant l’Aïd ? La question risque de faire polémique au vu de toutes les affirmations émises par plusieurs responsables, des jours avant cette fête, et de la réalité du terrain.

Le porte-parole de l’UGCAA (Union générale des commerçants et artisans algériens), Hadj-Tahar Boulenouar, a déclaré ce matin, sur les ondes de la chaîne 3, que la majorité des commerçants, qu’ils soient boulangers ou vendeurs d’alimentation générale, désignés par les autorités wilayales pour assurer une permanence l’ont fait. Il a même avancé un taux avoisinant les 80, 90 %.

A titre illustratif, selon lui, 15 millions de baguettes de pain ont été produites durant le premier jour de l’Aïd, alors que la production, durant les restes jours de l’année se situe entre 40 et 45 millions. Or, plusieurs quartiers de l’Algérois ont vu, hier, une fermeture totale des commerces. Il est vrai aussi, comme l’a d’ailleurs souligné l’intervenant, que plusieurs boulangeries ont ouvert leurs portes à une heure très avancée de la journée pour fermer juste avant la prière de l’Aïd. Hier, l’agence officielle, APS, a rapporté que «la plupart des boulangeries et des commerces d’alimentation générale étaient fermées mardi, premier jour de l’Aïd El-Adha, dans la capitale en dépit des sanctions prévues contre les commerçants qui ne respectent pas l’obligation d’assurer une permanence durant les deux jours de l’Aïd». Dans la dépêche en question, plusieurs communes de la capitale ont été citées.

Il est clair que cette fois-ci encore, cette situation va provoquer des réactions. D’autant plus que le gouvernement a tenté de «réglementer» la chose en instaurant de sévères sanctions contre les contrevenants. En effet, le commerçant qui n’assure pas la permanence alors qu’il a été désigné, devra payer une amende allant jusqu’à 300 000 dinars. Il y a aussi la possibilité de lui fermer son commerce pour une durée d’un mois. Apparemment, cela n’a pas suffit pour en dissuader plus d’un. Il est utile de rappeler que les contrevenants de l’Aid El Fitr n’ont pas encore été sanctionnés. C’est cette «impunité» qui a, peut-être, «encouragé» d’autres à «récidiver».

Elyas Nour