Profitant de la « torpeur » des services publics durant les fêtes de Aïd El-Adha, au moins 16 harragas ont été interceptés, lundi, au large de Mostaganem par les Gardes-côtes. Ces « despérados » des temps modernes sont en détention et vont être présentés au juge d’instruction dans les prochains jours.

Ces jeunes harragas de Mostaganem ne sont pas les seuls à tenter l’impossible afin de rejoindre l’autre rive. Des dizaines d’autres Algériens, jeunes dans leur majorité, ont également pris ce risque ces derniers temps. Jeudi le quotidien arabophone El Khabar rapporte qu’au moins 55 personnes ont été arrêtées depuis septembre dernier dans plusieurs régions côtières du pays. Ces jeunes, qui traversent la mer sur des embarcations de fortune, tentaient certainement d’aller dans des pays où ils espèrent vivre mieux.

Ces arrestations coïncident avec la mort de centaines de migrants africains – venus notamment de Somalie et Érythrée – périssent en Méditerranée au moment où ils tentaient de rejoindre l’Europe à partir du Sud de l’Italie. A deux reprises, deux embarcations chavirent et provoquent des centaines de morts. Une tragédie jamais vécue auparavant, au point où les pays de l’Union européenne tentent actuellement de trouver une solution à ce délicat problème des harragas.

En Algérie, si le nombre de « harragas » a visiblement diminué ces derniers mois, le problème reste posé. Surtout que face à ces tentatives de « désespoir », les autorités ont opposé la répression. Des dizaines de jeunes sont ainsi traduits devant les tribunaux et sont emprisonnés pour le seul crime de chercher une vie meilleure. Le gouvernement algérien avait adopté, en 2008, une loi criminalisant l’émigration clandestin ou « la sortie illégale du territoire national ». Les personnes jugées pour ce délit encourt une peine pouvant alller jusqu’à 6 mois de prison et une forte am »nde.

Essaïd Wakli

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