Apparaissant à la 142 ème place du rapport annuel de l’indice de liberté économique établi par l’Institut Fraser, l’Algérie figure parmi les dix pays au monde, qui mènent le plus la vie dure aux entrepreneurs. Nos voisins maghrébins s’en sortent eux beaucoup mieux.

Il ne fait aucun doute, l’Algérie c’est le pire élève du Maghreb en termes de liberté économique. Elle se situe même en queue du classement mondial, selon le dernier atlas de la liberté économique dans le monde, publié par l’Institut Fraser. L’Algérie décroche effectivement la 142 ème position sur les 152 Etats passés au crible par l’organisme nord-américain. Seuls 8 pays africains, dont la RDC et le Tchad, offrent un environnement économique plus hostiles aux investisseurs. Dernière du Maghreb, l’Algérie est à la traîne sur la Tunisie, rangée 81 ème, le Maroc, classé 98 ème et la Mauritanie, à la 104 ème position.

Comment expliquer un classement aussi consternant ? Les institutions économiques nationales respectent encore trop peu les piliers de la liberté économique, estiment les spécialistes de l’Institut Fraser. Parmi les facteurs favorisant la liberté économique, ces derniers retiennent la taille du gouvernement, la structure juridique du pays en matière de protection des biens de propriété, la valeur de la monnaie, le libre-échange avec les pays du reste du monde et la réglementation des crédits, du travail et des entreprises.

D’abord, la politique interventioniste de l’Etat algérien n’est pas du goût des experts canadiens qui ont réalisé cette étude. Ils épinglent le poids des organes étatiques dans l’économie du pays, attribuant à l’Algérie la note affligeante de 4/10. Le rapport de l’Institut Fraser pointe également du doigt le système légal et les droits de propriété en Algérie, ce qui lui vaut le pitoyable score de 4/10.

Sur les cinq variables utilisées par l’Institut Fraser pour construire son index de la liberté économique, l’Algérie n’obtient en fait qu’une seule fois la moyenne. Le pays brille uniquement pour la solidité de sa monnaie, obtenant un 7/10 pour ce critère.

Les réformes initiées ces dernières années n’ont donc apporté qu’un léger assouplissement dans les procédures de création et de gestion d’entreprises, à en croire cet index. Un constat fâcheux pour l’Algérie, candidate à l’adhésion de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Elle doit donc impérativement revoir sa copie en vue des négociations pour son intégration à l’organisation onusienne.