Les relations entre l’Algérie et le FMI restent un sujet sensible pour une grande partie de l’opinion nationale. Il existe dans ce domaine, aujourd’hui encore, un fort décalage de perception entre l’opinion publique et la plus grande partie des médias nationaux d’un côté et les milieux spécialisés de l’autre. Un décalage entretenu par une méconnaissance assez répandue de la densité des relations existant actuellement entre le FMI et les principales institutions en charge de la conduite de la politique économique du pays, ministère des finances et Banque centrale en tête. Un cadre supérieur de la Banque d’Algérie nous confiait récemment : « Notre pays est membre à part entière du FMI. Il a accepté de contribuer à l’augmentation de ses ressources en approuvant la décision, prise fin 2010, de doubler les quote-parts des pays membres. La réponse positive de l’Algérie à la demande de prêt du FMI intervenue l’année dernière pour un montant de 5 milliards de dollars qui est par ailleurs venue mettre fin à un suspense de près d’une année va encore renforcer l’importance de cette coopération ».

La densité des relations et le renforcement de la coopération, que nous venons d’évoquer, était illustrée par la présence en Algérie au mois d’octobre d’une mission d’experts du FMI appelée, à la demande de la Banque d’Algérie, à effectuer un audit du secteur bancaire national. Début novembre, c’est une autre groupe d’experts qui va leur succéder pour se pencher pendant une quinzaine de jours, comme tous les ans à cette période de l’année, sur la situation macroéconomique de notre pays.

Des rapports confidentiels 

On ne connait pas encore les conclusions de la mission sur le secteur bancaire algérien qui vient de s’achever. Son rapport n’est d’ailleurs sans doute pas encore finalisé et son contenu est appelé à rester confidentiel dans la tradition des pratiques de nos institutions de régulation. Il n’empêche que le seul fait pour la Banque d’Algérie d’avoir commandé cet audit n’est ni un fait anodin ni une pratique routinière.

Algérie-Focus a, dans la période récente, attiré notamment l’attention sur les dérives du secteur bancaire privé en matière de financement du commerce extérieur que la Banque d’Algérie a voulu endiguer en prenant, au cours de l’été dernier, la décision très ferme de plafonner rigoureusement les marges bancaires dans ce domaine.

Les banques publiques qui sont de leur côté soumises depuis de nombreuses années à l’obligation de financer des entreprises d’Etat financièrement déstructurées doivent désormais, ainsi que le signalait dernièrement encore notre site, affronter de surcroit le financement quasi obligatoire des dispositifs gouvernementaux en faveur de la micro entreprise. Ces derniers font déjà face à des impayés massifs, pour lesquels les banques publiques qui assurent 70% du financement sont en première ligne, vont devoir surtout dans les prochaines années affronter le défi de l’augmentation considérable du nombre de prêts accordés depuis février 2011 et de leurs difficultés chroniques de remboursement.

Quelques uns des sujets qui vont mette du pain sur la planche pour les experts du FMI et aussi peut être des questions à poser aux responsables économiques nationaux qui pourraient ne pas rester insensible à la curiosité exprimée par les médias ….

Hassan Haddouche