Lu sur L’Echo d’Oran

Alors que l’ambassadeur du Maroc en Algérie rejoint son poste, lundi, sur fond d’émotion provoquée par l’attaque contre le consulat et l’arrachage du drapeau, des nervis marocains, probablement manipulés, se sont livrés à une nouvelle provocation.

Hier, le site de l’ISGP (Institut supérieur de gestion et de planification) a été attaqué par des hackers marocains. Les auteurs de l’attaque qui signent les «Fantômes marocains» ont placé une vidéo où des jeunes gens cagoulés mettent le feu à l’emblème algérien et le piétinent.

Ce n’est pas la première fois que des hackers marocains attaquent des sites algériens -en général peu sécurisés et donc facilement piratables-, mais dans le contexte actuel, le but est bien de jeter de l’huile sur le feu. De très nombreux Algériens ont été écoeurés par l’attaque du consulat algérien à Casablanca et surtout l’arrachage du drapeau algérien.

Le tout sous le regard passif des services de sécurité marocains qu’on sait peu souples à l’égard des manifestations sur la voie publique au Maroc. La manifestation a été le fait des «Jeunesses royalistes», une création du Makhzen pour s’attaquer violemment aux jeunes du mouvement contestataire du 20 Février.

C’est dans ces eaux, malodorantes, du Makhzen qu’il faut chercher les commanditaires de cette nouvelle provocation via le piratage du site de l’ISGP. Alors qu’aucune excuse officielle n’a été faite -du moins via les canaux les plus appropriés que sont les Affaires étrangères ou l’agence MAP-, les autorités algériennes ont rejeté la thèse de «l’acte isolé » au sujet de l’offense faite à l’emblème algérien.

Les éléments visuels de preuve, examinés par des experts algériens, «ne donnent pas de crédit à la thèse de l’acte isolé», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Amar Belani.

LE MAKHZEN CONTINUE D’EXCITER LES FOULES

L’Algérie, a-t-il ajouté dans une déclaration à l’APS, a exigé de la partie marocaine des «explications circonstanciées». Amar Belani a révélé au passage que le Makhzen continue d’exciter les foules contre les représentations algériennes.

«Nous regrettons la poursuite de la mobilisation de foules autour de notre ambassade à Rabat et de notre consulat à Oujda, car celle-ci est de nature à déboucher sur la répétition de ce genre de dérapages graves », a indiqué Amar Belani.

Le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a décidé de ne pas participer aux travaux de la session extraordinaire du Conseil de la Ligue arabe, car il est «retenu à Alger pour suivre les développements liés aux relations algéro-marocaines ».

Des termes plus «durs» sont venus du président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH), Farouk Ksentini, qui a qualifié la violation des locaux du consulat général d’Algérie à Casablanca de «preuve supplémentaire du non-respect par Rabat des lois et usages internationaux».

Cet incident «vient s’ajouter au registre du Maroc en matière de non-respect du droit international après avoir longtemps affiché son nonrespect du droit international humain à travers les violations flagrantes des droits du peuple sahraoui comme en témoignent les institutions internationales des droits de l’homme.

UNE RÉACTION MESURÉE

D’une manière générale, les officiels algériens, tout en essayant de traduire au mieux l’écoeurement général de la population encline à dire à l’ambassadeur marocain de «rester chez lui», restent mesurés. Comme si on avait décidé d’intégrer le fait que la politique étrangère marocaine était marquée du sceau de l’infantilisme et d’une recherche d’escalade.

Le Maroc persiste à qualifier «d’incident isolé» l’attaque contre le consulat d’Algérie à Casablanca, en arguant que la personne qui avait arraché le drapeau avait été arrêtée. Ce qui, bien entendu, n’explique pas pourquoi la police marocaine l’a laissé pénétrer dans l’enceinte et commettre son forfait.

Un responsable marocain anonyme, cité par l’AFP, a indiqué hier que l’ambassadeur du Maroc était arrivé, hier, à Alger et reprendra ses missions ce lundi. Il a justifié la décision de rappeler l’ambassadeur, mesure qualifiée «d’injustifiée » par Alger. «Appeler, et non retirer, son ambassadeur pour avoir des explications, est une pratique connue, qui ne dure qu’une période donnée, et c’est ce que nous avons fait».

La même source se fait même arrogante, en affirmant que le Maroc «prendra toujours des mesures contre ceux qui essayent de toucher à son intégrité territoriale».

Notez cet article