Association ATLAS

Avec peu de moyens mais une volonté de fer, l’association ATLAS* (Algerian Talents and Leaders Association) se bat pour envoyer les étudiants algériens dans les Grandes Ecoles internationales  à travers son programme de développement des talents, Talent up !. Une ambition difficile à l’heure où les politiques publiques freinent les ambitions de nos jeunes élites.

L’Algérie se complairait-elle dans la médiocrité ? Dans le domaine de l’enseignement supérieur, du moins ? Alors que nos ministres boudent les Grandes Ecoles, terreau de l’excellence éducative, nos étudiants semblent en faire de même lorsqu’ils émigrent en France pour poursuivre leurs études. Première communauté estudiantine à Paris, troisième dans l’Hexagone, l’Algérie demeure désespérément absente des bancs des écoles de commerce, d’ingénieur ou autres classes préparatoires. Au grand dam de l’association ATLAS qui se bat pour réorienter au mieux les aspirants étudiants.

Son arme ? Le programme « Talent Up ! », lancé en 2010. Nazih Daoud, polytechnicien algérois, en a été le premier bénéficiaire. Il vient de finir son Master à l’ESCP Europe, l’une des meilleures écoles de commerce de France.

Le principe est simple : l’association ATLAS identifie des étudiants algériens qui souhaitent intégrer les Grandes Ecoles parisiennes et les met en lien avec des « coachs » passés par ces mêmes écoles. S’ensuit d’intenses séances de training pour préparer les élèves aux exigences des concours.  En 2013, ce sont 200 heures de coaching qui sont dispensés. Et ça marche ! La méthode porte ses fruits dès la première année : 83% des élèves coachés intègrent l’école de leur rêve. L’année suivante, le taux de réussite grimpe à 100 % ! Et n’en descendra plus.

Malgré ces chiffres, Kamel Haddar, Co-fondateur et Président d’ATLAS ne peut être pleinement satisfait. Car une fois admis en Grande Ecole, demeure le problème du financement des études. Une année dans ces parcours d’excellence coûte jusqu’à 17.000 euros. Jusqu’en 2003, l’Algérie accordait des bourses pour ceux qui voulaient accéder à ces écoles. Abdelaziz Bouteflika y a mis fin.

L’association ATLAS a pensé à un système de parrainage par des entreprises algériennes, qui pourraient se porter garante des prêts contractés par les étudiants pour financer leur scolarité. Mais là, c’est un autre problème qui s’est posé : le contrôle des changes. « Pour faire sortir des devises d’Algérie, c’est la croix et la bannière. C’est impossible » explique Kamel Haddar.

Alors l’équipe de coachs fait contre mauvaise fortune bon cœur. Un système se met en place pour encadrer du mieux possible les étudiants. Pour préparer leur concours, les anciens mettent à disposition leurs livres de préparation du TAGE MAGE. Une fois arrivés en France, les étudiants sont chaleureusement accueillis. Des informations pratiques leur sont livrées, sur le coût de la vie, le logement, l’assurance maladie, etc. Une après-midi d’intégration est également organisée avec une chasse aux trésors dans Paris pour souder les liens entre la communauté estudiantine algérienne. Et pour maintenir ce lien, ATLAS organise aussi des événements toute l’année. Une sorte de seconde famille, selon Nazih Daoud : « On ne se sent jamais seul, en fait. »

* ATLAS est une association française visant à créer une nouvelle génération de leaders d’origine algérienne. Forte de son réseau composé de plus de 400 membres, professionnels ou étudiants de haut niveau recrutés à l’issue d’un processus sélectif, l’association ATLAS a pour objectif de développer les talents d’origine algérienne en facilitant et en promouvant leur accès aux parcours d’excellence, en fédérant un réseau fort d’entraide et en faisant la promotion de leur membre.

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