el mouradia

« Et toujours, s’il est puissant en armes, il aura bons amis. »

Nicolas Machiavel (Le Prince)

Qu’est ce qui empêcherait donc Abdelaziz Bouteflika de briguer un 4eme mandat ? Rien, hormis le bon sens !

Ce n’est pas autant la maladie de l’homme qui en serait à l’origine. C’est plutôt l’état de santé du président qui n’inspire plus confiance. Et l’un et l’autre n’ont eu la prémonitoire vision prophétique de Youcef pour prédire l’avenir.

Bouteflika semble n’avoir vu que  les années d’abondance, occultant celles de privations, et qui risquent de survenir. Quinze années se sont écoulées dans l’opulence et la prodigalité. Au faste, semble succéder la disgrâce. Tout le prédispose à commencer par « les craintes avouées » du premier argentier du pays, Karim Djoudi. C’est justement, de cette éventualité que les partenaires étrangers semblent beaucoup plus se méfier.  Selon les experts du FMI et de l’APICORP « un baril à 120 dollars US ne suffit plus » à financer les folies  dépensières de l’État algérien. Le baril de pétrole brut avoisine, actuellement, les 110 dollars US. La réalité économique fait ressortir que l’Algérie dispose d’un matelas financier d’environ 200 milliards de dollars de réserves de change susceptibles de couvrir à peine 38 mois d’importation. Sur le plan interne, cette dernière  jouit de quelque 7266 milliards de dinars  de fonds de régulation des recettes. Une masse d’argent capable d’éponger le déficit budgétaire de l’État dont la couverture s’étalerait sur quatre années.  Une telle échéance qui réduirait comme une peau de chagrin les marges de manœuvre du futur locataire du palais d’El Mouradia. L’économie algérienne qui repose essentiellement sur les hydrocarbures sera confrontée au constat expert établi et faisant ressortir que notre pays produit et exporte moins de pétrole.

Deux scenarii politico-économiques seraient alors possibles et définiront le devenir immédiat de l’Algérie. En incitant Bouteflika à briguer un quatrième mandat, les décideurs auront opté pour le choix du premier scenario. Lequel scenario fera fi de l’actuel système politique du chef de l’État qui n’inspire plus confiance aux compagnies étrangères, particulièrement, les firmes pétrolières. Selon des think tank, à l’instar de Petro stratégie et The economist intelligence unit, la maladie du président algérien a mis à nu la défaillance des institutions. L’instabilité politique et juridique que vit l’Algérie sont l’autre raison qui effraie les partenaires étrangers. Cette frilosité risque d’affaiblir encore plus le secteur qui risque de stagner, voire même décliner. Le recours à la rente pétrolière pour légitimer son pouvoir sur le plan social et coopter les opérateurs économiques a fini par faire peur. Cette dépense publique ajoutée au verrouillage économique ne permettra aucune alternative en matière de création de richesses. Cette fuite en avant du pouvoir algérien induira la consommation du bas de laine. Un Etat sans ressources, sans filet social, ne finançant plus de subventions fera face à une explosion sociale. A ce scenario pessimiste, s’opposera donc la-non « reconduction » d’Abdelaziz Bouteflika à la tête de l’édifice Algérie. Une chance, la seule d’éviter de vivre la menace de cette crise. Mais pour cela, son successeur doit disposer de l’extrême intelligence, d’opérer la rupture. Le nouveau président algérien prendra en considération le potentiel des ressources existant en dehors de la dépense publique. D’aucuns estiment que cette rupture peut alors libérer les initiatives, permettra la création de grands groupes compétitifs et créera ainsi des synergies entre le public et le privé, et quitter enfin les sentiers de la rente pétrolière.

Tribune libre d’Azzedine BELFERAG

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