bouteflika armée

Si le gouvernement algérien distille, depuis quelques années, des budgets sociaux au compte gouttes, il est très peu regardant sur la dépense lorsqu’il s’agit de l’armée. Le budget consacré au ministère de la Défense est tout simplement  très élevé par rapport à la richesse du pays.

Les chiffres donnés ce matin par le quotidien francophone El-Watan donnent, en effet, le tournis. Le budget de la Défense est passé de 5 milliards de dollars en 2009 à plus de 11 milliards en 2012. Une augmentation exponentielle, justifiée par les responsables par les multiples menaces qui pèsent sur le pays.

Il est vrai que sécuriser des frontières aussi longues que celles de l’Algérie, située à proximité de pays qui vivent dans une instabilité chronique, demande des moyens. Mais consacrer près de 7% du PIB annuel à la Défense semble être plutôt exagéré. Pis encore, cette situation ouvre la voie à d’innombrables questions, légitimes, de la part des observateurs et des opposants.

Au-delà des budgets affectés (qui peuvent être justifiés en vue de la situation), c’est incontestablement la question de la transparence qui se pose. Car, comment se fait-il que tous les budgets des autres départements ministériels passent au crible des députés, même symboliquement, mais jamais celui de la Défense. Plus grave encore, lorsque l’ancien Premier ministre, Mouloud Hamrouche, avait tenté, au début des années 1990, de proposer à débat le budget de la Défense, il avait perdu son poste.

Cet important budget du ministère de la Défense nationale est bien sûr consacré au budget du fonctionnement. Mais pas seulement. Le département de Ahmed Gaïd-Salah se lance, depuis plusieurs années, dans une politique de renouvellement des équipements de l’armée. Là aussi, le black-out est total. « Il ne s’agit pas d’achats de guirlandes », avait répondu l’ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia, lorsqu’il avait été interrogé sur l’acquisition d’armes auprès de la Russie. Connue de grand public grâce notamment aux informations fournies par des sites spécialisés, cette information peut créer un climat d’opacité dans la gestion des finances publiques.

L’autre question qui s’impose est celle relative à l’utilité de ces achats dont la technologie est vite dépassée par de nouvelles créations. N’est-il pas plus judicieux d’investir dans l’élément humain et dans la recherche ? La question reste posée.

Essaïd Wakli

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