Selon le dernier bilan, l’attentat à la voiture piégée à Beyrouth a fait ce vendredi 27 décembre 5 morts et 70 blessés.

Il était tôt ce vendredi quand une puissante explosion a retenti dans une artère du centre de Beyrouth. La cible de cet attentat à la voiture piégée : le convoi de Mohammad Chatah, un proche conseiller de l’ex-premier ministre Saad Hariri, le chef du « 14 mars », la coalition hostile au régime de Bachar al-Assad. L’ancien ministre des finances et ambassadeur du Liban à Washington se dirigeait vers la maison de Saad Hariri, en exile depuis 2011, où devait se tenir une réunion du « 14 mars », lorsqu’il a été tué, aux côtés de son chauffeur. Sa voiture a été totalement détruite.

Le bilan humain est lourd : trois autres personnes ont été tuées dans cet attentat, qui a blessé plus de soixante dix individus, rapporte l’agence nationale de l’information (ANI). Témoignant de la violence de la déflagration, des images diffusées par la chaîne locale Future TV montrent plusieurs voitures et corps calcinés. Un restaurant et un café ont aussi été entièrement détruits. « Plus de dix immeubles ont été dévastés» par l’attentat », a précisé l’ANI.

Quelques heures après l’assassinat de Mohammad Chatah, Saad Hariri a accusé le Hezbollah d’avoir fomenté l’attentat à la voiture piégée, qui a coûté la vie à son collaborateur. « Pour nous, les accusés sont (…) les mêmes qui se dérobent à la justice internationale (…) et ceux qui propagent l’incendie régional à la nation [libanaise] », a indiqué le chef de file du « 14 mars », dans un communiqué, faisant référence au parti chiite qui refuse de remettre à la justice internationale cinq de ses membres inculpés dans l’assassinat en 2005 de son père, Rafic Hariri.

D’ailleurs, dans son dernier Tweet, posté jeudi 26 décembre, Mohammad Chatah évoqué l’allié du régime syrien :

« Le Hezbollah insiste pour qu’on lui accorde les mêmes pouvoirs que la Syrie a exercés au Liban pendant quinze ans, dans les domaines de la sécurité et des affaires étrangères »

 

L’attentat, qui a coûté la vie à Mohammad Chatah, intervient 20 jours avant le début du procès des responsables présumés de l’assassinat de l’ex-premier ministre Rafic Hariri, dont le meurtre le 14 février 2005 avait plongé le Liban dans la tourmente.

A mesure que la crise politique syrienne perdure, le Liban s’enfonce dans la violence et devient un théâtre de violents attentats. Sa capitale a été frappée par plusieurs attentats depuis cet été. Le dernier en date, au mois de novembre, avait ciblé l’ambassade d’Iran, causant la mort de 23 personnes. Le plus meurtrier a été perpétré le 15 août dernier contre le bastion du Hezbollah, dans la banlieue Sud de Beyrouth. Ce jour-là, 27 personnes avaient trouvé la mort.

VIDEO. L’attentat de Beyrouth du 27 décembre en images :