Docteur en sciences politiques et spécialiste du Maghreb, Naoufel Brahimi El Mili est l’auteur d’interview (presque) imaginaires d’acteurs politiques du monde arabe. Pour Algérie-Focus.com, il croque Abdelaziz Bouteflika et d’autres responsables algériens. Naoufel Brahimi El Mili a aussi publié aux éditions Max Milo en 2012 « Le printemps arabe, une manipulation ? »

Le président de la république française assis derrière son bureau, dos aux fenêtres qui viennent d’avoir un triple vitrage pour une meilleure insonorisation, les sifflets perturbent la réflexion. Il accepte de répondre à mes questions mais qui doivent se limiter aux sujets internationaux. Le président français ne souhaite pas s’exprimer sur la politique intérieure, surtout maintenant que la courbe des sondages devient timidement haussière. Il a peur du mauvais œil bien qu’il ait un gri-gri ramené de son inoubliable voyage au Mali.

Moi : Monsieur le président, après dix-huit mois de présidence, quelles sont vos principales actions sur le plan international ?

Lui : La réponse risque d’être longue : j’ai rétabli la démocratie au Mali, j’ai libéré les otages français détenus sous Sarkozy au Niger, j’ai fait plié Bachar Al-Assad qui n’a eu que d’autre choix que de détruire ses armes chimiques, j’étais ferme à l’égard de l’Iran qui grâce à moi n’aura jamais de bombe atomique. Je suis bien parti pour le prix Nobel de la paix.

Moi : Quel beau bilan ! Pourtant en diplomatie votre expérience n’est pas si épaisse, comment vous l’expliquez-vous ?

Lui : J’ai été à la bonne école, j’ai appris beaucoup de chose lors du congrès du PS à Rennes de 1990 où il y avait violence, trahison, affrontement, reniement, calculs politiciens…

Moi : Le Parti Socialiste est certes une bonne école pour les coups tordus mais cela ne prédispose pas à la maîtrise de la gestion des conflits.

Lui : Gérer une séparation affective avec Ségolène Royale et gérer les crises de jalousie de Valérie Trierweiler, sont des missions en dehors de la portée de deux bataillons de casques bleus. Je le fais avec brio, tact et diplomatie.

Moi : M. François Hollande, avez-vous eu des préparatifs particuliers pour affronter la crise malienne ?

Lui : Je n’ai rien laissé au hasard, avant de me rendre à Bamako, j’ai mis à jour mon carnet de vaccination.

Moi : Concrètement quel a été votre baptême de feu sur la scène internationale ?

Lui : A ce jour c’est un grand secret que je vais vous livrer. J’ai mené dans la plus grande discrétion et avec succès une mission délicate sur un dossier sensible et qui porte sur les relations franco-algériennes. Lors du premier septennat de François Mitterrand, j’ai été chargé par le Président, de me rendre en Algérie pour régler le problème d’un franco-algérien retenu à Alger. Il s’agissait d’un jeune qui partait en vacances en Algérie et qui a été retenu pour faire son service militaire. Seulement ce jeune homme avait une sœur très proche d’un des intimes de François Mitterrand qui était toujours attentif aux histoires romanesques. Mes démarches à Alger ont été couronnées d’un succès au-delà de toute espérance. Non seulement le jeune binational est rentré en France provoquant des retrouvailles passionnées entre sa sœur et son soupirant socialiste. Mais surtout j’ai été à l’origine de l’accord franco-algérien sur le service militaire.

Moi : Donc vous êtes redevable à « l’école algérienne » ?

Lui : Bien entendu, la semaine je vais envoyer mon Premier ministre, Jean-Marc Ayrault pour qu’il s’inspire du modèle algérien.

Moi : Pourriez-vous être plus précis sur ce point ?

Lui : En effet j’ai entendu dire que les autorités algériennes ont traité, sans vagues ni protestations et avec grande efficacité, la question du travail le dimanche. Et bien mon Premier ministre ira sur place pour étudier la méthode algérienne que je vais cloner en France.

Moi : Votre tropisme algérien est encore peu connu, pourquoi ?

Lui : Pourtant je ne m’en cache pas. Dès que j’ai appris que le président algérien avait fait un AVC, j’ai transformé le Quai d’Orsay en « Europe-Assistance » : transporter un malade, le faire soigner et le rapatrier en bonne santé.

Moi : Merci Monsieur le Président pour vos propos émouvants à l’égard de l’Algérie.

Lui : je dirai même plus : One two three, viva l’algérie.

Naoufel Brahimi el Mili  

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