Après les incidents qui ont eu lieu ces derniers jours dans la localité de Guerrara, où des jeunes des communautés «Mozabites» et «Chaanbas», dans la wilaya de Ghardaia, se sont accrochés à maintes reprises causant beaucoup de blessés et d’énormes pertes suite à la destruction de biens publics et privés, les autorités locales, le Wali en premier lieu, ont entamé un dialogue avec des représentants des deux communautés afin de calmer les choses.

Ainsi, selon une information rapportée par l’agence officielle, la wali de Ghardaia, Mahmoud Djemaâ, s’est réuni, hier samedi, avec des «représentants de la société civile et des élus» des deux parties. Celui-ci a rencontré Mozabites et Chaanbas séparément, a indiqué à l’APS un élu de Guerrara. D’autres réunions suivront. L’objectif de ces rencontres est de mettre en place un «dialogue constructif» afin de régler ces problèmes liés, nous dit-on, aux conditions de vie des citoyens de la région.

Pour rappel, les heurts entre Mozabites et Chaanbas ont eu comme élément déclencheur un match de football, d’un championnat wilayal, opposant deux équipes locales. Dans un communiqué rendu public aujourd’hui, la sûreté de la wilaya de Ghardaia indique que 9 personnes sont présumées d’être impliquées dans les échauffourées et ont donc été écrouées pour «attroupement armé sur la voie publique, destruction, incendie volontaire et tentative de vol de biens publics et privés, ainsi que pour agression sur agents de l’ordre en mission». Par ailleurs, «13 personnes ont été placées sous contrôle judiciaire pour les mêmes motifs, alors que 110 autres ont bénéficié d’une citation directe le jour du procès». Au total, les services de sécurité avaient interpellés 132 personnes au moment des faits.

Pou rappel, des défenseurs des droits de l’homme (LADDH) avaient dénoncé les agissements des éléments des services de sécurité qui, selon eux, se sont rangés du côté des Chaanbas, maltraitant les Mozabites. La LADDH a même comparé leur comportement à celui « des soldats américains à la prison d’Abou Gharib en Irak. »

Tentant de répondre à ces accusations, la sûreté de la wilaya de Ghardaia a indiqué dans le même communiqué que «les arrestations sont déroulées dans le respect  des lois de la République concernant les droits de l’Homme».

Ghardaia est en proie, depuis plusieurs années, à des heurts récurrents entre les communautés Mozabites et Chaanbas. Et souvent, l’attitude des policiers anti-émeutes est dénoncée.

Elyas Nour