Paul Aussaresses, ancien chef des services de renseignements à Alger et bourreau des Algériens pendant la guerre d’Algérie, est décédé.

Jusqu’au bout, il avait assumé. C’est dans une interview au quotidien français Le Monde que le général Paul Aussaresses, ancien combattant des Forces libres françaises et ex-chef des services de renseignements à Alger, avait confessé, pour la première fois publiquement, avoir « sans regrets ni remords » utilisé la torture durant la guerre d’Algérie. « Est-ce que la torture « m’a posé des problèmes? Je dois dire que non. Je m’étais habitué à tout cela », assurait-il. Cet entretien au Monde faisait suite à la publication de son livre, Services spéciaux, Algérie 1955-1957 en 2001. Il y reconnaissait pour la première fois avoir été un adepte de la torture en Algérie. « Suis-je un criminel ? Un assassin ? Un monstre ? Non, rien qu’un soldat qui a fait son travail de soldat et qui l’a fait pour la France puisque la France le lui demandait »‘, écrivait-il alors, assurant avoir obtenu l’aval de sa hiérarchie. « Je ne voudrais pas que les hypocrites qui m’ont enlevé la Légion d’honneur, distinction que, moi, j’ai acquise au combat, puissent continuer à nier l’histoire de France », lâchait-il, dans son dernier livre, Je n’ai pas tout dit, paru en 2008.

Ses confessions lui ont valu d’être condamné en 2004 pour apologie de la torture et crime de guerre et d’être exclu de la Légion d’honneur. Malgré cette condamnation, le général Aussaresses avait continué à défendre la pratique de la torture en Algérie jusqu’à son dernier souffle. Comme lors de sa dernière interview. C’était en septembre 2012 au quotidien L’Alsace. « On a fait ce qu’on devait », avait-il répété.

Bourreau de Larbi Ben M’hidi et Maurice Audin

La liste de ses victimes est longue. Le général Aussaresses avait reconnu avoir participé à l’exécution de Larbi Ben M’hidi, capturé durant la bataille d’Alger. La disparition de Maurice Audin est également à ajouter à son triste tableau de chasse. En 2001, Paul Aussaresses avait avoué avoir ordonné un interrogatoire du jeune mathématicien et militant français pour l’indépendance de l’Algérie juste avant la disparition de celui dont on a toujours pas retrouvé le corps. Jamais, le général Aussaresses ne se sera excusé pour ses crimes.

C’est par la petite porte que ce militaire s’en va. C’est sur le site de son association d’anciens parachutistes « Qui ose gagne » que l’on a appris mercredi le décès de ce bourreau des Algériens. Le général Aussaresses est mort à l’âge de 95 ans. L’association ne précise toutefois pas la date exacte de la mort de cet ancien tortionnaire, révélant seulement que le général était « hospitalisé depuis quelque temps ».

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