Ni les critiques des réseaux sociaux, ni les attaques de la presse et de l’opposition ne parviennent à faire reculer le Premier ministre. Abdelmalek Sellal poursuit ses visites dans les wilayates, prolongeant ainsi la liste de ses bourdes.

Lors d’une visite à El-Taref, le Premier ministre a une nouvelle fois adopté un comportement pour le moins étrange. Au directeur de l’hôpital local qui lui faisait le descriptif du nouvel établissement, le Premier ministre pose la question : « avec les équipements, est-ce que l’hôpital sera prêt d’ici la fin de l’année prochaine ? ». « Avant, dit le responsable. Nous allons ouvrir l’établissement au plus tard juillet ou août 2014». Sans le moindre contrôle, Abdelmalek Sellal, qui semble oublier que des élections auront lieu dans 3 mois, enchaîne : « Eh, ben, nous seront là pendant l’été ! ». Le responsable donne donc l’impression que lui et ses équipes seront là au-delà de l’élection présidentielle de 2014.

Ce n’est pas la première fois que Sellal aborde le sujet de cette manière. Et il n’est pas le seul. Le ministre de l’Intérieur avait lui aussi indiqué, à partir de Annaba, qu’un grand remaniement dans le corps des walis aura lieu en juin 2014. En visite le lendemain à Constantine, Tayeb Belaïz avait tenté de minimiser son acte. Mais c’était déjà trop tard.

Abdelmalek Sellal ne se limite pas aux bourdes politiques. Toujours à El-Taref, le Premier ministre a évoqué une « mission de civilisation » du peuple algérien. Autrement dit, Abdelaziz Bouteflika et ses gouvernements sont là pour « civiliser un peuple » qui ne l’était pas. Un sacrilège.

Pourtant, le Premier ministre tente, ces derniers temps, de prononcer des discours écrits à l’avance pour éviter des écarts préjudiciables. C’est visiblement raté.

Essaïd Wakli