Benyamin Netanyahu, le Premier ministre israélien, sèche les funérailles de Nelson Mandela car le voyage coûte trop cher.

Le siège israélien restera vide mardi, quand le monde entier rendra un dernier hommage à Nelson Mandela, décédé le 5 décembre dernier. Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, ne fera pas le déplacement jusqu’en Afrique du Sud pour assister aux obsèques de Madiba. Si, dans un premier temps, Israël avait confirmé la présence de son chef de gouvernement à l’enterrement de l’ex-président de l’Afrique du Sud, Benyamin Netanyahu a annulé à la dernière minute son déplacement, ont rapporté les médias israéliens dimanche, tard dans la soirée. Le président de l’État juif, Shimon Pérès, lui a emboîté le pas, en déclinant à son tour, au dernier moment, l’invitation.

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Motif invoqué des deux côtés : le coût trop élevé du voyage. Pour le transport et la sécurité sur place du Premier ministre israélien, il faut compter pas mois de 7 millions de shekels [environ 2 millions de dollars, soit près de 160 millions de dinars], précisent la radio publique israélienne et le quotidien hébreu Haaretz. C’est trop de frais à engager pour les finances de l’État juif, se défend Benyamin Netanyahu, au centre d’une importante polémique en Israël à cause de son train de vie. En effet, le chef de file du Likoud, le parti majoritaire, n’est pas connu en Israël pour lésiner sur ses dépenses personnelles. Il y a peu, les médias nationaux ont révélé que les contribuables israéliens avaient versé près de 1 million de dollars pour financer l’an dernier l’entretien des trois résidences de Benyamin Netanyahu. Et la facture d’eau de 25 000 $ pour sa villa personnelle, équipée d’une piscine, à Césarée, dans le nord d’Israël, où il passe une partie de ses week-ends, est plutôt salée.

Israël, l’allié du régime d’apartheid

Fini les dépenses extravagantes, Netanyahu veut se montrer exemplaire. Mais s’agit-il seulement de la véritable raison, qui amène le Premier ministre d’Israël a renoncé à son déplacement en Afrique du Sud ? On connait les liens étroits qu’entretenait Israël avec le régime d’apartheid, à l’époque où une grande partie des pays se ralliait au mouvement de protestation, issu de la société civile noire, et décidait de boycotter l’Afrique du sud au main des Afrikaners. Cette relation sulfureuse entre Israël et les autorités blanches de Pretoria avait même conduit les États-Unis, pourtant allié indéfectible d’Israël, à menacer de remettre en cause leur généreuse aide militaire annuelle à l’État hébreu, sous le gouvernement de droite de Yitzhak Shamir (1986-1992). Et, comme l’a rappelé dimanche Alon Liel, ambassadeur israélien en Afrique du sud en 1992, dans les colonnes de Yediot Aharonot, le quotidien le plus lu en Israël, Nelson Mandela avait fait comprendre aux Israéliens que l’Afrique du Sud post-apartheid souhaitait qu’ils accordent aux Palestiniens “leur droit à la liberté”.

Abbas, Obama, Hollande, Sarkozy répondent présents

Toujours est-il que Benyamin Netanyahu a choisi la pire des occasions pour commencer à réduire son train de vie. Plus qu’un rendez-vous national, les funérailles de Nelson Mandela son un évènement planétaire et la plupart des chefs d’Etat ne manquera pas de faire leurs derniers adieux à l’ancien Prix Nobel de la Paix, mort à l’âge de 95 ans. Ainsi, plus de 50 chefs d’Etat ou de gouvernement ont confirmé qu’ils assisteraient bien aux cérémonies mardi, à Johannesburg, selon le ministère des Affaires étrangères sud-africain. Parmi eux, le président américain Barack Obama, accompagné de Georges W. Bush et de Bill Clinton, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, la présidente brésilienne Dilma Roussef, le britannique David Cameron. La France sera doublement représentée puisque François Hollande a proposé à l’ancien président Nicolas Sarkozy de le rejoindre. Une proposition acceptée par ce dernier. Quant à l’Algérie, elle sera représentée par une délégation conduite par le président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, a décidé lundi le président Abdelaziz Bouteflika.