Revue de presse. Retard dans l’attribution de logements, la colère des demandeurs ne désemplit pas

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Lu sur Le Jour d’Algérie

La crise du logement en Algérie prend de plus en plus d’ampleur. Dans plusieurs wilayas, des dizaines de citoyens ont protesté ces derniers jours contre le retard dans la distribution de logements et le fait de ne pas être bénéficiaires pour certains. Un retard qui a fait réagir les populations de Béjaïa et Jijel.

Des habitants de la localité de Hellouane, située dans la daïra d’Ifri Ouzellaguène (70 km à l’ouest de Béjaïa), ont protesté avant-hier contre une liste d’attribution de logements construits dans le cadre du programme national de résorption de l’habitat précaire (RHP), en bloquant la RN26, reliant Béjaïa à Bouira, a-t-on constaté.

Cette action a fortement perturbé le trafic automobile sur cet axe routier, déjà congestionné par la densité du trafic auquel il est quotidiennement soumis (plus de 30 000 véhicules/jours).

«Cela fait une demi-heure que je suis à l’arrêt et il n’y a aucune possibilité pour sortir de la file», fulmine Yacine, gérant d’une unité d’agrégats dans la région, «pris au piège» à Maâla, à mi-chemin entre Sidi-Aich et Takerietz mettant en cause ce phénomène de blocage des routes par des citoyens et qui «prend des proportions alarmantes», souligne-t-il.

Pour sa part le chef de daïra d’Ifri-Ouzellaguène, a qualifié cette protestation de «totalement injustifiée», soulignant que «la liste rendue publique n’est pas définitive et ne comprend qu’un listing nominatif de ceux dont nous détenons toute l’information » relevant que pour le reste des dossiers, «le travail a été confié à un comité de quartier, censé compléter autant les dossiers que l’information sur les demandeurs de ce type de logement ».

«Il y a juste un problème d’interprétation de la démarche», dira-t-il. La daïra d’Ifri-Ouzellaguène a bénéficié depuis la mise en œuvre de ce programme RHP d’un lot de 620 logements, dont 180 sont achevés et 90 sont prêts à être attribués.

Ce programme est destiné aux habitants de 5 quartiers précaires, dont l’un se trouvant dans la localité de Hellouane, indique-ton. Des scènes de protestation ont été enregistrées également à Jijel la semaine passée, suite à l’affichage d’une liste de bénéficiaires de logements sociaux.

L’affichage mardi dernier d’une liste de 454 logements publics locatifs a suscité le mécontentement de plusieurs dizaines de citoyens n’ayant pas été attributaires de ces logements, incitant à l’intervention des forces de l’ordre. Des patrouilles de police ont été déployées dans plusieurs endroits de la ville. Le calme n’est revenu que dans l’après-midi.

Par contre, la circulation a été rendue très difficile dans quelques quartiers, notamment à proximité de la polyclinique El- Alia, au centre-ville, où des contestataires ont mis le feu à des pneus.

Le chef de daïra a expliqué que son service a reçu quelque 12 000 demandes de logements, et la liste a été établie en prenant en compte plusieurs critères. Indiquant que les mécontents pouvaient soumettre des recours à la commission ad hoc pour étude.

Des habitants bloquent plusieurs routes et la voie ferrée

La fermeture des routes se poursuit à Béjaïa. Des habitants de la commune de Semaoune ont paralysé, hier, le trafic routier, notamment la RN 26, les CW 21 et 22 et la voie ferrée. Des centaines d’automobilistes voulant regagner Alger, Béjaïa, Sétif et Jijel, ont été bloqués pendant plusieurs heures.

D’autres usagers ont été bloqués sur les CW 21 et 22. Certains ont dû rebrousser chemin. Les protestataires avancent plusieurs revendications liées à l’amélioration de leurs conditions de vie, principalement le raccordement des villages au réseau de gaz naturel.

Contacté hier, Hani Ikhlef, vice-président de l’APC de Semaoune, nous dira que «c’est un groupe de citoyens qui a fermé les routes après un préavis d’une semaine affiché au village, réclamant la concrétisation du projet de gaz de ville.

Un projet, dit-il, inscrit dans le cadre du programme quinquennal 2010/2014 et dont les études ont été finalisées». «Le wali a signé l’arrêté portant poste tendeur et nous attendons juste l’appel d’offres», ajoute notre interlocuteur.

S’agissant des oppositions, elles ont été levées après un nouveau choix du site devant accueillir le poste tendeur qui sera installé à 45 km du gazoduc et les exploitants ont signé des engagements pour permettre l’installation des conduites. Le renforcement du réseau d’eau potable, un réseau de voirie, le revêtement des routes, sont d’autres revendications portées par le mouvement à l’occasion.

M. Hani a fait observer que «4 opérations de revêtements de routes sont prévues, mais il manque des entreprises pour leur réalisation». Les mécontents sont enfin revenus à de meilleurs sentiments après des pourparlers engagés avec les autorités locales, à leur tête le chef de daïra d’Amizour. Ils ont accepté de rouvrir la route vers 12h30.

Pour rappel, une action similaire a été observée avant-hier à Ouzellaguene par des habitants du village Helouane. Les manifestants ont fermé la RN 26 pour réclamer des logements dans le cadre du programme RHP.

Ils étaient en colère parce que leurs noms ne figuraient pas sur la liste des pré-bénéficiaires. Le chef de daïra d’Ouzellaguene, qui s’exprimait sur radio Soummam, a affirmé que «la liste est partielle et un programme conséquent de logements de type RHP est en cours de réalisation et touchera cinq quartiers».

D’autres actions ont été menées ces derniers jours. Hier, des intendants ont boycotté l’examen professionnel qui devait se dérouler au lycée Chouhada- Mokrane, protestant contre le nombre très infime de postes de promotion pourvus pour la corporation et plaidant le retour aux conditions d’accès aux grades supérieurs contenus dans l’ancienne réglementation.

Les intendants réclament des intégrations directes aux postes d’intendants principaux et d’inspecteurs. Avant-hier, les adjoints d’éducation ont boycotté leur examen professionnel pour protester contre le peu de postes ouverts, certaines inégalités entre le personnel, et demandé la réhabilitation de la profession avec un classement aux catégories supérieures, à savoir la 10.