Habitué à des sorties très controversées, l’ancien vice-président de Sonatrach, Hocine Malti, vient de jeter un nouveau pavé dans la mare. Sur les dossiers de corruption ou l’affaire Tiguentourine, l’ancien dirigeant de la compagnie nationale des hydrocarbures tient un discours aux antipodes des responsables gouvernementaux.

Alors que les commentateurs de la presse évoquent un différend entre Abdelaziz Bouteflika et le commandement du DRS (département de renseignement et de sécurité), Hocine Malti donne une toute autre version. Il estime, dans une contribution publiée aujourd’hui par le quotidien El-Watan, que les changements opérés dans les services de renseignements ont été « dictés » par les services américains et britanniques suite à l’attaque de Tiguentourine du début de l’année en cours. (…) Il fallut attendre la fin du long séjour d’Abdelaziz Bouteflika en France pour lui faire signer les décrets (…) mettant à la retraite un certain nombre de généraux ou généraux-majors, ou mettant fin aux fonctions d’autres cadres supérieurs de l’armée. Le tout suivi des modifications de structures de l’armée exigées », écrit-il à l’occasion du 50ème anniversaire de la création de la Sonatrach.

Et la lutte entre Bouteflika et le DRS ? Hocine Malti met ces spéculations sur le dos de la propagande des services de sécurité. Il estime même que si le Général Tawfik n’est pas évincé « c’est grâce à une alliance des généraux janviéristes qui se sont retrouvés tous unis derrière lui, quitte à «sacrifier» les Athmane Tartag, Abdelmalek Guenaïzia, Rachid Lallali, Ahmed Bousteila, Fewzi et M’henna Djebbar. Car il fallait «sauver le soldat Tewfik, le dernier rempart de protection du clan ».

Pis encore, l’ancien dirigeant de Sonatrach accuse « Le clan des généraux » qui « vient de permettre à des services de sécurité étrangers de dicter leur conduite à des organes de souveraineté nationaux, à des puissances étrangères de s’ingérer dans les affaires intérieures de l’Algérie. Or, ces puissances, ne l’oublions pas, n’agissent qu’en fonction de leurs seuls intérêts ».

Pour conclure sa plaidoirie, Hocine Malti accuse Abdelaziz Bouteflika, son frère Saïd et le Général-Major Mediène d’avoir «protégé » ou d’être « complices » des « prédateurs » que sont Chakib Khelil, Farid Bedjaoui et « les autres ». « Quelle différence y a-t-il, dites-moi, entre cette mafia et la Cosa nostra napolitaine ou le cartel de Medellin ? À l’inverse de la nôtre, ces deux autres pieuvres donnent à manger au petit peuple », conclut Hocine Malti.

Essaïd Wakli