Le Marocain, qui avait vandalisé le consulat algérien à Casablanca et arraché le drapeau national, le 1er novembre dernier, écope de deux mois de prison avec sursis.

Le marocain qui a escaladé, le 1er novembre dernier, à Casablanca, sur le toit du consulat général d’Algérie et qui a arraché le drapeau algérien, a été condamné, vendredi 5 décembre, à deux mois de prison avec sursis et une amande de 250 dirhams (environ 22 euros ou 2.500 dinars). Une sentence assez légère au regard des faits survenus.

« Ce verdict est d’un laxisme outrageusement scandaleux »

La justice marocaine a poursuivi l’individu en question pour « atteinte à une propriété privée ». Or, la « propriété » en question n’est autre que le consulat général d’Algérie. En d’autres circonstances, et si la diplomatie algérienne n’avait pas fait preuve de « sérénité » dans la gestion de ce dossier, l’auteur de cette violation aurait été plus sévèrement sanctionné. « Ce verdict est d’un laxisme outrageusement scandaleux et comme l’on s’y attendait, il vient confirmer de la manière la plus éclatante que la thèse de l’acte isolé relève de l’imposture », a déclaré Amar Belani, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères au quotidien «El Watan».

Pour rappel, au moment des faits, quelques dizaines de marocains se sont rassemblés devant le siège du consulat général d’Algérie pour dénoncer les propos du Chef de l’Etat algérien, Abdelaziz Bouteflika, tenus quelques jours auparavant lors du sommet africain au Nigeria, relatifs à la situation des droits de l’homme au Sahara occidental. Le discours lu au nom d’Abdelaziz Bouteflika, lundi 28 octobre, par le ministre algérien des Affaires étrangères à Abuja avait d’ailleurs provoqué l’ire des dirigeants marocains. Le Roi du Maroc, Mohamed VI, avait décidé de rappeler l’Ambassadeur du Maroc à Alger, suite à ce qu’il considérait comme « un acte de provocation et d’hostilité de la part de l’Algérie ».

Ce 1er novembre, l’un des manifestants avait profité de la « passivité » des services de sécurités maroc, censés assurer la protection de la représentation algérienne, pour s’infiltrer à l’intérieur du Consulat. Un acte perçu par nombre d’Algériens comme une « déclaration de guerre », d’autant plus que cela survenait le jour du 59ème anniversaire du déclenchement de la guerre de libération. En colère, des jeunes algériens avaient voulu répondre à cet affront en tentant de se rassembler devant les représentations marocaines, notamment à Oran. Un mouvement très vite maîtrisé par les forces de police algériennes.

Cet incident avait participé à l’escalade de tensions entre les deux pays, affectant même les ressortissants algériens au Maroc.

Elyas Nour

Notez cet article