Abdelaziz Bouteflika

De retour plus tôt que prévu en Algérie, Abdelaziz Bouteflika a réussi encore à brouiller les cartes de ses opposants et détracteurs. L’homme, certes malade, même très malade, reste toujours déterminé à aller jusqu’au bout pour conserver la Présidence de la République, nous assurent des sources concordantes proches du cercle présidentiel. 

« A moins d’une grande surprise, plus rien ne peut empêcher Bouteflika de briguer un quatrième mandat », affirme une source qui fréquente la famille Bouteflika et son entourage depuis des années. La « nette amélioration de son état de santé »  que les médecins français ont noté après plusieurs contrôles médicaux est un message adressé à toute la classe politique, les hauts gradés de l’armée et les Algériens : « Je suis prêt à me lancer pour un quatrième mandat » ! C’est en substance ce message subliminal qui va changer toute la donne politique en Algérie car la succession de Bouteflika peut encore attendre.

« Stabilité », mot d’ordre de cette campagne

Nos sources sont affirmatives à ce propos : Abdelaziz Bouteflika annoncera sa candidature au plus tard à la mi-février. Dans les prochains jours, son staff sera mis en place et une campagne électorale sera entamée en son nom. Les Saïdani, Amar Ghoul, Amara Benyounès, Louiza Hanoune et d’autres acteurs de la Coordination des associations de soutien à l’action d’Abdelaziz Bouteflika vont se déployer à travers tout le pays d’ici la fin du mois de janvier, nous a-t-on indiqué. « Bouteflika pourrait même annoncer sa candidature avec un simple message écrit pour qu’il ne dévoile pas son incapacité physique. Il n’a pas peur que son état de santé le désavantage dans la course à la présidentielle. Tous les médias lourds seront à ses côtés et la « stabilité », le mot d’ordre de sa campagne, risque bel et bien de trouver une oreille attentive parmi une grande partie des Algériens », explique encore une autre source qui entretient des rapports cordiaux avec Saïd Bouteflika, le frère et conseiller du Président.

La « stabilité », c’est avec cette notion que tout le programme d’Abdelaziz Bouteflika sera élaboré. D’ores et déjà des spots sont diffusés à la télévision et la radio publique algérienne pour expliquer et dire aux Algériens que leur pays va nettement mieux que les autres pays arabes en proie à la guerre et aux violences. « Dans une telle conjoncture régionale, Bouteflika n’aura pas besoin de faire des promesses ou des bains de foule ! Il suffit juste que son staff procure quelques frayeurs aux Algériens en leur disant : vous voulez du changement comme les tunisiens, les égyptiens, les syriens et les autres ? Alors regardez comment se portent leurs pays ! », confie notre source d’après laquelle un climat de confiance règne désormais au sein de l’entourage de Bouteflika à la suite de ce « bilan médical » favorable dressé par les médecins du Val-De-Grâce.

Soulignons en outre que l’agence de presse britannique Reuters a obtenu également des informations qui concordent avec celles que nous avons pu récolter. « Bouteflika sera candidat à un quatrième mandat, cela ne fait aucun doute à moins d’une énorme surprise à la toute dernière minute. L’annonce officielle est attendue dans le courant de la première semaine de février », avait révélé une source dans sa garde rapprochée à Reuters. Et même si la candidature de Bouteflika peut paraître « ridicule » à de nombreux observateurs, il ne fait presque plus aucun doute que l’instabilité que risque de générer une transition effectuée à la veille du scrutin d’avril 2014 inhibe encore le changement et calme les ardeurs de certains hauts gradés de l’armée ou du DRS qui souhaiteraient « un changement en douce ». Tout indique enfin que l’Algérie est condamnée à subir pendant encore quelques temps le statu quo. A moins bien d’une grande surprise « à la toute dernière minute »…