algerie logements insalubres

Les Algérois vivant des habitations précaires se lassent d’attendre éternellement leur relogement. Face au désarroi de ces habitants le Wali d’Alger Abdelkader Zoukh a expliqué ce retard par la volonté de préparer en bonne et due forme la liste des bénéficiaires.

Attendre mais jusqu’à quand ? Les habitants de logements précaires ou insalubres perdent patience et désespèrent d’obtenir un logement. Le wali d’Alger à l’occasion d’une visite de la circonscription administrative de Hussein Dey, a appelé au calme et la patience. L’opération de relogement sera effective mais pas tout de suite. La wilaya d’Alger avait lancé un programme de construction de 35.000 logements sociaux destinés à être distribués aux habitants des bidonvilles. Parmi ces logements 20.000 sont « fin prêts » a-t-il affirmé à la distribution, mais reste à l’heure actuelle vacants. Pourquoi ?

 « Nous avons pris tout notre temps dans la préparation des opérations de relogement parce que nous voulons approfondir l’examen des listes des bénéficiaires afin d’éviter les erreurs du passé pour que les logements soient affectés à ceux qui sont vraiment dans le besoin », a indiqué M. Zoukh lors d’une visite d’inspection aux communes de la circonscription administrative de Hussein Dey. Ajoutant qu’il était nécessaire d’éviter « les erreurs du passé ne doivent pas être reproduites cette fois-ci. Nous n’acceptons plus le business du logement », a-t-il promis, faisant référence aux détournements de logements sociaux, fraudes chez les bénéficiaires et autres arnaques devenues fréquentes dans leur attribution. A l’instar de cette affaire de l’Office de promotion et de gestion immobilière de Dar El Beida, dans laquelle des fonctionnaires sont accusés d’avoir détourné des logements sociaux.

Le blocage est donc au niveau de les attributions de logement qui tardent à poindre et engendre régulièrement des manifestations voire des émeutes. Fin décembre 2013 un mouvement de protestation a éclaté dans la banlieue algéroise suite à de fortes intempéries qui avait encore plus fragilisé leurs logements précaires. Le wali d’Alger a demandé de cesser les manifestations, « les gens sortaient dans les rues pour crier leur colère parce que les noms des simples citoyens qui méritent de bénéficier des logements à distribuer ne figuraient pas sur les listes affichées », avait-il déploré.

Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Tayeb Belaiz, avait appelé la semaine passée, rappelle l’APS, les autorités locales à impliquer les citoyens dans l’établissement des listes des bénéficiaires de logements. Or pour le moment les logements sociaux sont attribués par une commission composée par le chef de daïra, le président de l’APC, le représentant du directeur de wilaya chargé du logement , le représentant du directeur de wilaya chargé des affaires sociales, le représentant de l’OPGI du secteur concerné, le représentant de la caisse nationale du logement (CNL)  et enfin un représentant de l’organisation nationale des moudjahidine. Ne faudrait-il pas un représentant des demandeurs pour assurer une transparence totale dans l’attribution de logements ?

La rédaction avec APS

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