Il s’appelait Saïd et il est âgé d’à peine 24 ans. Il avait toute la vie devant lui pour rêver, espérer et bâtir des projets. Mais une bavure militaire a fait taire sa voix à jamais. 

En effet, vendredi soir, ce jeune algérien a été tué « accidentellement » dans la région de Boumerdès, plus exactement à quelques encablures de la ville Bordj-Menaïel, à 25 km à l’est de Boumerdès, nous apprend le correspondant local du quotidien francophone El Watan d’après lequel la jeune victime « a été atteinte par balle alors qu’elle traversait des buissons non loin de Lagenana, localité située à 3 km au nord de la ville ».

Ce jeune a été pris pour un terroriste par les éléments de l’armée algérienne alors qu’il ne faisait que traverser des buissons ! C’est tout ce que l’on sait pour le moment sur les circonstances de ce drame qui ne va pas manquer d’endeuiller cette région déjà martyrisée par les problèmes sociaux et les maux du chômage ainsi que la précarité.  Jusqu’à cette heure-ci, nous ignorons si la population locale a manifesté sa colère face à cette bavure militaire qui n’en est guère en vérité un acte isolé puisqu’elle succède à plusieurs autres bavures survenues dans cette partie de la Kabylie depuis ces trois dernières années.

Pour rappel, en septembre 2011, à Fréha, ville située à 30 kilomètres à l’est de Tizi Ouzou, une bavure militaire a coûté la vie à une femme de 55 ans. Indignés, les habitants se mobilisent et exigent la délocalisation de la caserne. Quelques mois plus tôt,  à Azazga, sur une route à la sortie de la ville, un ouvrier a été tué par des militaires qui l’avaient pris pour un terroriste. En décembre 2012, c’est la région de Béjaïa qui a été bouleversée par une autre bavure militaire où deux jeunes ont été tués par l’armée. Ils étaient à bord d’un véhicule lorsqu’ils ont essuyé des coups de feu de la part de militaires déployés aussi en embuscade.

Dans la wilaya de Boumerdès, des drames similaires ont accablé la population de cette région en décembre 2012.  « Deux citoyens roulant à bord d’une camionnette avaient été tués dans un barrage militaire à Naciria, à l’est de Boumerdès », nous rappelle à ce sujet le correspondant local d’El Watan pour nous rafraichir la mémoire. De son côté, le ministère de la Défense nationale n’a toujours pas réagi face à cette bavure tragique et n’a fourni ni excuses ni la moindre explication. Mais rien ne dit que son silence va durer encore longtemps surtout lorsqu’on sait que la famille et les proches, rongés par l’émotion, de la victime ne vont pas tarder à réclamer que justice soit faite…