« Maghreb Uni », « Algérie-Maroc bâtissons la paix »… Ces messages commencent de plus en plus à  peupler le web pour appeler les communautés de l’Algérie et du Maroc à apaiser les relations entre les deux pays. Plusieurs collectifs ont même lancé des pétitions pour convaincre les décideurs de ces deux pays de les réconcilier.

Paix, retenue et dialogue. Ce sont les mots d’ordre que tentent de diffuser des collectifs algéro-marocains sur le web ces derniers mois. Lassés des guerres médiatiques, des tensions diplomatiques et de la méconnaissance de ces sociétés entre elles, des membres de la société civile algérienne et marocaine appellent les citoyens des deux pays voisins à calmer les esprits et à faire preuve de solidarité.

Leur terrain de jeu  ? Le web, pour une diffusion efficace et sans contrôle. Cet esprit a commencé à germer sur les réseaux sociaux sur lesquels on peut remarquer que les groupes Facebook ou les tweets positifs sont régulièrement postés afin de calmer les esprits des deux pays au moindre différend entre les deux pays :

Il faut dire qu’en 2013 de nombreux incidents ont envenimé les relations des deux pays : l’attaque du Consulat algérien à Casablanca, l’arrestation du jeune Islam Khoualed, ou encore l’éternelle question du Sahara Occidental, ont été des thèmes très commentés sur ces mêmes réseaux sociaux, laissant la place à des messages d’insultes mais offrant également l’occasion de lancer ces fameux appels à la retenue.

Pétitions et collectifs

Désormais à ces messages viennent également s’ajouter des initiatives concrètes avec notamment des collectifs qui commencent à voir le jour. Le dernier en date : le collectif « Algérie-Marocaine : bâtissons la Paix, la Démocratie et le Progrès » (AMPDP), dont le siège est au Maroc.

 « Inquiets de voir perdurer la tension, souvent inquiétante, parfois dangereuse, qui, depuis un demi-siècle, prévaut entre les deux pays frères et voisins : l’Algérie et le Maroc ; et soucieux de voir les deux peuples frères marocain et algérien renouer avec la fraternité et la paix qui, des siècles durant, marquaient leurs rapports, des membres des sociétés civiles algérienne et marocaine ont pris l’initiative de créer un collectif baptisé « Algérie-Marocaine : bâtissons la Paix, la Démocratie et le Progrès » ; collectif qui, en deux mois, a vu le nombre de ses adhérents atteindre les quinze milles membres », explique Jamal Hafsi, le Porte parole et chargé de communication du Collectif AMPDP.  « Aussi, au titre de sa première action, le Collectif vient-il de mettre en ligne  une pétition qu’il envisage d’adresser aux décideurs des deux pays voisins – Algérie et Maroc – », précise encore le collectif AMPDP. Une pétition qui pour l’heure a recueilli plus de 600 signatures.

Cette initiative qui fait écho à une autre pétition lancée le mois dernier par plusieurs intellectuels algériens et marocains appelant les gouvernements de chaque pays à consolider et pacifier les relations bilatérales. « Nous observons qu’au moindre signe de détente entre les deux Etats, celle-ci est avortée », déplorait ce groupe dans une tribune. Ils avaient donc lancé une pétition afin de « considérer la construction maghrébine comme une question essentielle et ne pas la conditionner par la résolution des différends politiques entre les deux Etats » ou encore de  » cesser de dresser les deux peuples l’un contre l’autre par la surenchère et l’agitation médiatique ». Cette pétition avait été largement diffusée et de nombreux médias algériens, ou même européens s’étaient attardés sur cette campagne qui représentait une première entre les deux pays.

Toutefois si la première pétition a fait du bruit les autres appels des deux communautés, restent malgré tout assez méconnus de l’ensemble des sociétés algérienne et marocaine. « Au Maroc ce n’est pas très médiatisé et l’initiative reste très limitée », nous explique un journaliste marocain. Difficile de rivaliser avec les affaires algéro-marocaines qui soulèvent les passions. Pour l’heure ces pétitions n’ont pas recueilli assez de signatures et n’ont donc suscité aucune réaction auprès des décideurs de chaque pays. Affaire à suivre…