Union Bank est la première banque privée algérienne née en 1995 bien avant la Khalifa Bank. Les deux banques sont associées à des scandales qui ferment durablement l’intermédiaire bancaire aux privées algériens.

 Khalifa Bank, contrairement à ce qui est souvent écrit, n’est pas la première banque privée algérienne. Ce « titre » revient de droit à l’Union Bank, créée en 1995 par l’homme d’affaires Brahim Hadjas. Les deux banques ont, en commun cependant, d’avoir sombré dans les scandales au cours de l’année 2003, qui a été fatidique pour le secteur privée algérien désormais privé d’activités bancaires. L’affaire de l’Union Bank a eu, jeudi, un premier épilogue judiciaire mais qui ne sera pas le dernier puisque d’autres procès sont prévus. Alors que Rafik Moumen Khalifa, « deuxième banquier privé » algérien est en prison en attente de son procès, Brahim Hadjas, le premier banquier privé d’Algérie a été condamné à 10 ans de prison ferme et à un million de dinars d’amende pour « pour atteinte à propriété foncière et participation à la dilapidation de deniers publics ». Le tribunal a suivi le réquisitoire du procureur de la république qui avait requis une peine de dix ans ferme.

 Les banques privées d’Algérie sont exclusivement étrangères

 L’affaire ne se rapporte pas directement aux activités propres à l’Union Bank mais à l’acquisition d’exploitations agricoles sur lesquelles il projetait la construction d’un hôtel cinq étoiles. Les exploitations étaient acquises auprès des membres des EAC (exploitations agricoles collectives) contre des sommes dérisoires. Les acquisitions des terres agricoles des EAC et EAI ont défrayé la chronique au début des années 2000. L’acquisition de ces terres étant clairement en contradiction avec la loi en vigueur, certains y ont vu une volonté d’accaparement des meilleures terres agricoles en vue de les transformer en projets immobiliers. Brahim Hadjas arrêté au Maroc, 10 ans après sa fuite, est poursuivi dans d’autres affaires. Les scandales de l’Union Bank, de la Khalifa Bank et de la BCIA ont entrainé la disparition des privés algériens de l’intermédiation bancaire. Les banques privées de droit algérien actuelles sont exclusivement étrangères.

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