Le gouvernement algérien compte sur l’argent public pour éteindre le feu de la fitna à Ghardaïa. Face au malaise profond dont souffre cette région, que ce soit la situation socio-économique déplorable d’une partie de la jeunesse, les problèmes communautaires entre Mozabites et Chaânbas ou bien les supposés dépassements des services de sécurité, à Alger on n’a trouvé, pour l’heure, qu’une seule solution : débloquer des enveloppes budgétaires. 

Après l’annonce de la distribution de parcelles de terrain à Ghardaïa pour encourager l’auto-construction, la ministre de la Solidarité nationale de la famille et de la condition de la femme, Souâd Bendjaballah, a indiqué qu’en application des instructions du Premier ministre, Abdelmalek Sellal, des opérations de prise en charge et des compensations financières seront délivrées au profit des personne victimes des troubles qui ont bouleversé la vallée du M’zab durant plusieurs jours pendant la semaine dernière.

D’après la ministre, «l’urgence sera accordée aux élèves en leur procurant des manuels, des articles scolaires et des vêtements afin de leur permettre de poursuivre les cours dans de meilleures conditions». La même responsable a indiqué, par ailleurs, que le département qu’elle dirige «contribuera aux opérations de restauration des constructions endommagées en coordination avec le ministère de l’Habitat et des autorités locales de la wilaya».

Souâd Bendjaballah a révélé que «96 constructions ont été incendiées». S’agissant des activités commerciales, Bendjaballah a signalé que son ministère «contribuera à l’opération d’indemnisation des propriétaires de locaux en coordination avec les autorités locales dans le cadre de l’action d’une commission composée de représentants des ministères de la solidarité, de l’habitat et de la santé».  Puiser dans les caisses pour ramener le calme et imposer le respect de l’ordre public à Ghardaïa, la voila la stratégie de l’Etat Algérien. Sera-t-elle efficace ? L’avenir nous le dira…

Elyas Nour