Un juge d’instruction français doit être prochainement désigné pour mener une enquête sur la tragédie qui a endeuillé le site gazier d’In Amenas voilà quasiment un an. Le spectre de poursuites internationales réapparaît à la veille du triste anniversaire.

Presque un an jour pour jour après l’attaque terroriste sur le complexe gazier, conjointement exploité par Statoil, BP et Sonatrach, situé à proximité de In Amenas, la justice française veut éclaircir elle-même des zones d’ombres, estimant que l’Algérie ne coopère pas suffisamment. Le parquet de Paris doit ouvrir très prochainement une information judiciaire contre X pour détention arbitraire et séquestration en tant qu’otage suivies de mort en bande organisée. Il est également sur le point de désigner au moins un juge d’instruction de la section antiterroriste pour faire toute la lumière sur la tragédie d’In Amenas, selon l’hebdomadaire français le Journal du dimanche. Un otage Français, sur les 38 victimes, a été tué lors de l’attaque terroriste de In Amenas.

Les Français emboîtent le pas aux Américains qui ont envoyé une délégation du Bureau fédéral d’investigation (FBI) en juin à la rencontre des magistrats algériens, chargés de l’affaire de l’attaque terroriste d’In Amenas, à la cour d’Alger. Les enquêteurs du FBI ont été informés du contenu des auditions des trois détenus algériens, arrêtés après l’assaut des forces spéciales de l’Armée populaire et mis en cause dans cette affaire.

Les Norvégiens avaient été les premiers à pointer du doigt le rôle de l’armée algérienne dans cette tragédie. L’entreprise norvégienne Statoil, l’une des deux sociétés étrangères chargées de l’exploitation du complexe gazier Tiguentourine, a publié un rapport en septembre dans lequel elle explique que « les mesures de sécurité en vigueur à l’extérieur comme à l’intérieur du site n’ont pas réussi à protéger les employés de l’attaque du 16 janvier et l’armée algérienne n’a pas été capable de détecter ni d’empêcher les assaillants de rentrer sur le site ». Statoil va plus loin, affirmant qu’il y a lieu de s’interroger sur « l’étendue de la dépendance des opérateurs du site vis-à-vis de l’armée algérienne censée le protéger ».

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