Spots sur les médias lourds, meetings populaires de ses partisans et suspens interminable. Malgré les informations de plus en plus insistantes par rapport à sa mise en retraite, Abdelaziz Bouteflika peut ressurgir à tout moment.

A moins d’un grave accident, comme le laisse croire la rumeur publique ces derniers temps, Abdelaziz Bouteflika et son entourage ne veulent rien rater. L’actuel chef de l’Etat, affaibli par la maladie depuis au moins le mois d’avril dernier ne livrera ses impressions sur la future élection présidentielle qu’à quelques semaines du scrutin. Et pendant ce temps, les Algériens attendent « le messie » qui ne viendra probablement pas. Du mois pas cette fois-ci.

Les indices de cette volonté de rester au pouvoir ne manquent pas. A commencer par les sorties intempestives de Amar Saïdani, le contesté secrétaire général du FLN. Lors d’une conférence de presse animée dimanche au siège de son parti à Alger, Saïdani a même été affirmatif : « Bouteflika sera candidat », a-t-il dit. De qui tient-il cette information ? Enigme. Mais le secrétaire général ne semble pas parler du néant. L’ancien président de l’APN, connu pour être un homme de main, ne dit rien sans rien. Il doit certainement être le porte-parole de quelqu’un. Preuve en est, Amar Saïdani avait affirmé qu’il « s’adresse à quelqu’un » lors que la question lui a été posée autour de celui qui a donné « l’ordre de mission » à ses adversaires.

Diminué par la maladie, le chef de l’Etat ne veut visiblement pas laisser son « clan », notamment ses proches, sans protection, d’autant plus que des journaux ont insinué, depuis quelques mois, que des personnes qui gravitent autour du président sont impliqués dans des affaires de corruption. Dans ce contexte, des sources concordontes et bien renseignées affirment clairement que Bouteflika est prêt à être reconduit sans faire le moindre meeting ni la moindre campagne électorale. Comment est-ce possible ? Cas unique dans le monde, d’autres personnes feront campagne pour Bouteflika à travers le pays et le Président serait reconduit dans ses fonctions sans que cela n’émeuve personne.

Il reste que dans ce marché de dupes, le seul perdant est l’Algérie qui voit ainsi son image écorchée par un énième mandant d’un homme malade assis sur un fauteuil roulant.

Essaïd Wakli