L’Unesco fait l’objet d’une polémique depuis qu’elle a décidé vendredi de reporter une exposition qui devait avoir lieu dans son siège parisien à partir de mardi. L’organisation internationale a donné suite à la demande de 22 pays arabes, en reportant l’exposition sur le peuple juif qu’elle préparait depuis plusieurs mois. Le Centre Simon Wiesenthal contre l’antisémitisme crie à la « censure ».

Le conflit israélo palestinien se déplace jusqu’au siège de l’Unesco à Paris. Cette institution internationale a été obligée de reporter une exposition sur le peuple juif après la pression de 22 pays arabes.

Cette exposition, intitulée « Les gens, le Livre, la Terre : la relation de 3.500 ans du peuple juif avec la Terre Sainte » devait se tenir entre le 21 et   le 30 janvier au siège parisien de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) et était organisée en collaboration avec le Centre Simon Wiesenthal de lutte contre l’antisémitisme, rapporte l’agence AFP.

Dans un communiqué, l’Unesco indique avoir « reçu une lettre de 22 États membres du Groupe arabe qui ont fait état de leur préoccupation quant au possible impact négatif de l’exposition sur le processus de paix et les négociations en cours au Proche-Orient ». Le secrétaire d’Etat John Kerry était dernièrement en voyage au Proche-Orient pour relancer le dialogue israélo-palestinien, au point mort depuis deux ans. « Dans ce contexte, l’Unesco a malheureusement dû reporter l’inauguration de l’exposition », indique le communiqué.

Selon l’organisation, « un certain nombre d’éléments doivent encore trouver un accord », en particulier des « points historiques textuels ou visuels potentiellement contestables, qui pourraient être perçus par des États-membres comme une mise en danger du processus de paix ».

« Le consensus dans les décisions et les résolutions de l’Unesco concernant le Proche-Orient sont particulièrement importants pour éviter une confrontation et une politisation », insiste l’Unesco qui s’engage à « travailler avec les États-membres et ses partenaires pour tenir cette exposition dans des conditions favorables à la coopération et au dialogue ».

« Censure »

De son côté, le Centre Simon-Wiesenthal a qualifié vendredi de « scandaleuse » la décision de l’Unesco, tandis que le rabbin Marvin Hier, fondateur et responsable du Centre, basé à Los Angeles, a estimé que l’Unesco se rendait coupable de « censure ».

Cette décision ne va certainement pas arranger les relations entre cette institution internationale et Israël. Les relations entre les deux parties se sont dégradées suite à l’entrée de la Palestine comme membre de l’Unesco en 2012. En réaction à l’admission de la Palestine, Israël et les Etats-Unis avaient cessé de verser leur contribution financière à l’Unesco et ont, en conséquence, perdu en novembre dernier leur droit de veto.

E. W /agence

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