Les observateurs de la scène politique nationale n’ont cessé de tenter de décrypter la déclaration de Amar Saâdani, secrétaire général du FLN, faite mercredi dernier, selon laquelle, Bouteflika est « officiellement candidat » à la présidentielle 2014. 

Jeudi, Amar Saâdani était revenu une première fois sur les propos qu’il avait tenu mercredi, lors de la réunion des secrétaires généraux des mouhafadas du FN au siège du parti, où il avait déclaré que Abdelaziz Bouteflika serait officiellement candidat à l’élection présidentielle. Nuançant sa déclaration, qui a fait couler beaucoup d’encre, le secrétaire général du FLN a expliqué qu’il s’était expliqué en son nom personnel, à titre de chef de file du parti au pouvoir. « Le FLN prendra part à la présidentielle et à partir de là, comme Bouteflika est le président d’honneur du parti, il est clair que ça sera notre candidat », a-t-il signalé.

S’agit d’un excès de zèle du SG du FLN, impatient de voir son candidat « naturel » se prononcer pour un quatrième candidature à la Présidence ou Saâdani a-t-il agit sur instruction, lui qui n’est pas réputé pour prendre des initiatives de cette importance ? Etant donné la contestation à laquelle il fait face en interne, Saâdani ne se serait pas aventurer à tenir de tels propos s’il n’était pas soutenu par des figures puissantes du parti. Dans ce cas, on est en droit de se demander qui a chargé Amar Saâdani d’officialiser la candidature du Président si ce n’est pas Abdelaziz Bouteflika lui-même ?

Selon le quotidien arabophone « El Fedjr », c’est le général de corps d’armée, vice-ministre de la défense nationale et chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), Ahmed Gaïd Salah, qui lui aurait soufflé cette déclaration. Toujours d’après ce journal, Gaïd Salah ne voit pas d’autres alternatives et n’est pas prêt à soutenir un autre candidat sauf cas de forces majeures. Autrement dit, Gaïd Salah compte parmi les membres de la garde rapprochée du Président qui s’emploie pour convaincre le Président Bouteflika de briguer un quatrième mandat même si son état de santé ne lui permet pas de gérer normalement les affaires du pays.

A ce propos, un subterfuge a été trouvé pour pallier l’état de forme fragile du Président en exercice. La constitution sera amendée et un poste de vice-président sera créé, avance le quotidien El Fedjr.

Toujours est-il que la candidature de Abdelaziz Bouteflika pour un quatrième mandat demeure incertaine et que les prochaines semaines seront décisives pour le scrutin présidentiel, qui se déroulera le 17 avril prochain.  

Elyas Nour