L’écrivain candidat à l’élection présidentielle Yasmina Khadra a confirmé sa volonté de soumettre sa candidature aux électeurs algériens, poussé par une « colère contre le troisième mandat de Bouteflika ».

Il avait quelque peu disparu des radars médiatiques si bien que l’on commençait à douter de sa motivation. C’est une nouvelle fois en marge d’une rencontre avec ses lecteurs que Yasmina Khadra, l’écrivain algérien le plus traduit et lu à l’étranger, a fait quelques confidences sur ses ambitions présidentielles. Plus de deux mois près s’être déclaré candidat à l’élection présidentielle, à l’occasion du Forum de Liberté, organisé en novembre dernier, surprenant l’assistance et l’Algérie toute entière, Yasmina Khadra a confirmé ce jeudi à la libraire Cheikh à Tizi-Ouzou son intention de briguer un mandat présidentiel. Alors qu’il dédicaçait son nouveau roman, « Les anges meurent de nos blessures », à paraître en avril, l’ex-officier a dit qu’il comptait bien « aller jusqu’au bout de sa candidature » à l’élection  présidentielle. Autrement dit, Yasmina Khadra a retiré un formulaires de souscription de signatures individuelles auprès du ministère de l’Intérieur et est parti à la chasse aux signatures. Comme les autres prétendants à la magistrature suprême, l’auteur de « Ce que le jour doit à la nuit »  a encore 39 jours pour recueillir au moins 600 signatures individuelles de membres élus d’APC, de wilayas ou d’assemblées parlementaires, répartis à travers au moins 25 wilayas, ou bien 60.000 signatures individuelles d’électeurs recueillies également à travers 25 wilayas, conformément à l’article 139 de la loi de janvier 2012, s’il veut voir sa candidature validée par le Conseil constitutionnel.

« Aucune bataille n’est perdue » d’avance

Interrogé par ses lecteurs sur les raisons qui poussent l’écrivain à succès qu’il est à se convertir à la politique, Yasmina Khadra, de son vrai nom Mohamed Moulessehoul, a répondu qu’il présente sa candidature « par devoir de citoyen », ajoutant que « servir les autres est la plus belle des générosités ». Au fil de ses confidences, le directeur du Centre culturel algérien à Paris s’est aussi attaqué au Président Abdelaziz Bouteflika : « Ce n’est pas seulement la politique qui m’a poussé à annoncer ma candidature. C’était surtout une question morale car, j’étais vraiment très en colère contre le troisième mandat de Bouteflika », a-t-il lancé, estimant que « sans véritable changement, l’Algérie s’acheminera dangereusement vers la voie de la violence« .

Même si Yasmina Khadra reconnaissait lui-même en décembre, dans les colonnes du Figaro, avoir très peu de chance de l’emporter, il veut quand même se jeter à corps perdu dans la campagne. « Aucune bataille n’est perdue tant qu’elle n’est pas encore engagée. Ça ne sert à rien de se plaindre quand on ne veut même pas livrer combat », a-t-il soutenu, avant de s’en remettre aux électeurs algériens : « C’est au peuple de choisir le candidat qu’il juge le plus crédible et capable de lui apporter une part de bonheur ».