A l’heure où les marchés mondiaux sont de plus en plus accessibles et où des regroupements régionaux de pays tendent à supprimer les frontières afin de favoriser les échanges économiques, le Maghreb n’arrive toujours pas à asseoir une démarche cohérente, du moins sur le plan économique. La preuve avec l’apparition d’une taxe pour les exportateurs algériens et imposée par la Tunisie. 

Lors d’une conférence de presse animée à Alger ce mercredi 22 janvier, les représentants de l’Association algérienne de boissons (APAB) ont indiqué que la Tunisie a instauré, depuis quelques temps, une taxe pour les exportations algériennes, et ce, malgré l’existence d’un accord de libre échange entre les deux pays.

«Dans le cadre de la zone de libre échange avec la Tunisie, les droits de douanes ne sont plus exigés pour les produits algériens, mais l’instauration de cette nouvelle disposition bloque nos exportations», a déclaré le président de l’APAB, Ali Hamani. Une mesure qui rend cet accord désuet. «Le marché tunisien est un marché favorable pour les producteurs algériens de boissons. Il constitue en plus une porte vers d’autres pays principalement vers la Libye, c’est pour cela que nous revendiquons la suppression de cette taxe ou l’application du principe de la réciprocité à travers l’instauration d’une mesure similaire vis-à-vis des produits tunisiens», a ajouté celui-ci.

Bien évidemment, l’instauration de cette nouvelle taxe n’a pas été le résultat de discussions entre les deux pays puisque les produits tunisiens rentrent en Algérie sans le paiement d’une taxe similaire. En d’autres termes, l’Algérie s’en tient toujours à l’accord de libre échange. A cet effet, les responsables de l’APAB réclament ni plus ni moins que l’application du principe de réciprocité si jamais les Tunisiens ne reviennent pas sur leur décision. Les Algériens n’ont pas compris les raisons ayant poussé les autorités tunisiennes à prendre cette décision, qui pénalisent des exportateurs algériens.

Elyas Nour