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Promesse présidentielle, l’audiovisuel algérien s’ouvre pour la première fois au privé, mais avec de fortes limitations.

Le projet de loi qui ouvre l’audiovisuel, monopole de l’État depuis l’indépendance, au privé, a été adopté lundi par l’Assemblée populaire algérienne. Les opposants au texte n’ont rien pu contre l’ex-parti unique, le Front de libération nationale, majoritaire, et ses alliés. L’ouverture, remisée au placard au début des violences armées des années 1990, reste soumise à de fortes limitations.

 

Quid des chaînes existantes ?

Avant ce vote, la discussion s’était focalisée sur l’article 7, qui stipulait que seules des « chaînes thématiques » pouvaient être créées. Les tenants d’une ouverture totale soulignaient que les annonceurs ne seraient pas attirés par de tels médias. Il est désormais question de chaînes multithématiques, mais toujours pas généralistes. « Cet article, qui donne lieu à toutes les interprétations, annonce la possibilité d’ouvrir aux « copains » et aux « coquins », comme dans la Tunisie de Ben Ali », juge Belkacem Mostefaoui, professeur à l’École nationale supérieure de journalisme d’Alger.

La loi sur l’audiovisuel, qui arrive après la Loi organique sur l’information votée en 2012, entre dans la lignée des textes censés ouvrir une société algérienne sclérosée depuis la fin de la guerre civile. Cette promesse avait été faite par le président Bouteflika lors d’un discours prononcé en avril 2011, en plein Printemps arabe. Pour montrer sa bonne volonté, le gouvernement avait laissé se créer plusieurs chaînes privées algériennes émettant depuis l’étranger, notamment Londres et Paris.

 

Des chaînes thématiques créées « sur appel d’offre »

Anis Rahmani, patron de la plus populaire d’entre elles, Ennahar TV, dit aujourd’hui être dans le flou concernant son avenir. « Les autorités ont inversé le mécanisme de création. C’est l’Autorité de régulation (qui n’a pas encore été créée) qui va lancer des appels d’offre pour la création de chaînes de sport, pour enfants, pour femmes… selon sa volonté. Rien ne nous a été dit concernant notre existence. » Cette autorité, qui devra exercer « en toute indépendance », devra notamment faire respecter les références religieuses nationales et les autres religions, le multipartisme ou encore les principes et constantes de la société.

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