Lu sur Le Soir d’Algérie

A mesure que le scrutin présidentiel s’approche, Abdelaziz Bouteflika semble de moins en moins mettre Abdelmalek Sellal dans la confidence, pour ne pas l’avoir reçu en audience privée depuis le 15 septembre 2013. Les desseins du chef de l’Etat ne sont visiblement plus partagés qu’avec la personne du vice-ministre de la Défense, Ahmed Gaïd Salah.

Les va-et-vient de Abdelmalek Sellal chez son président se font de plus en plus rares. A moins qu’il ait été décidé de ne plus filmer les audiences muettes que diffusait l’ENTV dans son journal de 20h. La question de savoir pourquoi Abdelaziz Bouteflika ne reçoit plus son Premier ministre se pose d’elle-même.

A plus forte raison qu’à la veille d’un rendez-vous électoral décisif pour la nation, le président de la République préfère recevoir son vice-ministre de la Défense plutôt que son chef de l’exécutif. Pas plus tard que le 7 janvier 2014, le général-major Ahmed Gaïd Salah a été reçu en audience privée. Abdelmalek Sellal, qui, depuis quelque temps, se contente d’accompagner chez le Président des personnalités étrangères en visite à Alger, n’a pas eu droit à une audience privée depuis le 15 septembre 2013, selon le site Internet de la présidence de la République. C’est que, depuis, le Premier ministre est reçu par le chef de l’Etat, toujours en présence d’une tierce personne.

Ce qui atteste que celui qui rendait régulièrement visite à Abdelaziz Bouteflika lorsqu’il était encore hospitalisé au Val-de- Grâce, ou même une fois de retour au pays, convalescent dans sa résidence, n’est plus mis dans la confidence. Il semble plus probable que Abdelmalek Sellal n’obéit ni plus ni moins qu’à une feuille de route, faisant de lui le premier pompier du pays, sillonnant les différentes wilayas en quête d’un apaisement social.

Quand bien même ses déclarations répétitives, du genre : «Abdelaziz Bouteflika ne reculera pas», laissent croire qu’il a un regard sur les desseins qui se préparent pour l’avenir de la nation, il y a une autre réalité qui appelle à la réflexion : la distance entre un Président et son Premier ministre qui aura bientôt achevé sa tournée nationale, se fait plus que jamais sentir.