Lu sur Fait-Religieux

Depuis le départ du président Michel Djotodia, Bangui, la capitale centrafricaine, est le théâtre de scènes de violence quasi-quotidiennes. Ces atrocités ont atteint un nouveau sommet avec la révélation à quelques jours d’intervalle de deux cas de cannibalisme commis parfois en plein jour.

D’après des témoignages recueillis par l’AFP la semaine dernière, un homme a ainsi été lynché et dévoré en plein milieu de la rue. « La scène s’est passée devant moi mardi dernier [le 7 janvier] au quartier Modoua, raconte Jean-Sylvestre Tchya, 35 ans, technicien de surface. Un sujet musulman se trouvant dans un taxi-bus descendait à Pétévo pour laisser passer un autre passager. Mais, il a été surpris par un groupe de personnes qui l’ont lynché et découpé à la machette ». « L’un des individus ayant pris possession d’un bras est allé acheter du pain et s’est mis à mordre dans la chair, l’accompagnant de son pain. La scène a fait vomir plusieurs personnes, dont certaines poussaient des cris d’horreur », a-t-il ajouté. Selon un étudiant, Alain Gbabobou, « un autre individu, âgé, s’est procuré la tête et s’est employé à l’emballer soigneusement, promettant de s’en régaler ».

Paul Wood, le correspondant de laBBC sur place, décrit un cas assez similaire, le 13 janvier dernier. Alors qu’il était en plein tournage avec son équipe, un homme vêtu d’un T-shirt jaune vient le trouver en lui hurlant qu’il est « le méchant ». Il ne lui faut pas longtemps avant de réaliser qu’il est en présence d’un cannibale. Le journaliste britannique vient de recueillir le témoignage terrifié d’une jeune femme, Ghislein Nzoto, qui lui a raconté comment elle a vu un homme musulman être tiré d’un bus par une foule en colère qui l’a tué à coups de pierre.

Le cannibale en question s’appelle Ouandja Magloire mais préfère se faire appeler « Mad Dog » (« chien fou »). Au journaliste, il explique que pris de colère suite aux meurtres de sa femme enceinte, de sa belle-soeur et du bébé de celle-ci par des musulmans, il s’est purement et simplement vengé sur un homme de confession musulmane. Avec l’aide d’une vingtaine de personnes, il a traqué sa victime forcé le chauffeur d’un car où il était monté à s’arrêter. « Une fois descendu du bus, j’ai traîné ma cible dans la rue pour ensuite la poignarder à la tête. Je l’ai ensuite aspergée d’essence avant d’y mettre le feu ». Ouandja s’est ensuite emparé d’une jambe pour la dévorer. Selon plusieurs témoins, personne n’a tenté de s’interposer.

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