Carburant, pain, électricité, huile, sucre… Si ces produits n’étaient plus subventionnés, quel impact cette action aurait sur l’économie algérienne ? La question mérite d’être posée, depuis que le FMI conseille vivement à l’Algérie de supprimer progressivement les multiples subventions de l’Etat . 

Le conseil vient du Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI), qui vient d’émettre ses dernières conclusions sur la situation de l’Algérie. Certes l’institution financière « félicite les performances économiques de l’Algérie dont notamment la baisse de l’inflation, du chômage et des inégalités sociales », mais elle préconise également une ‘ »large réforme économique ».  Parmi l’un des conseils avisés par ces experts financiers, on trouve celui « de supprimer progressivement les subventions ». Toutefois il n’est pas question de tout enlever du jour au lendemain mais de le faire progressivement et de manière ciblée. Le FMI invite donc à mettre en place cette mesure en établissant un système de transfert social ciblé pour protéger les couches sociales défavorisées, et en réduisant les exonérations fiscales.

Si l’Algérie décidait de lever certaines subventions sur des produits notamment énergétiques, le premier impact serait une inflation certaine. Les prix de ces produits seraient bien plus élevés, mais ils permettront de réduire le poids financier dans le budget de l’Etat. Les dépenses sociales seraient moindres pour l’Algérie, car pour l’heure elles sont de l’ordre de 13% du PIB national, d’après des experts. Mais encore ce ne sont que des estimations, car il est difficile d’offrir un chiffre exact. Toutefois on sait que le seul coût des subventions alimentaires est de l’ordre d’environ 300 milliards de dinars, ou encore d’après une étude du PNUD qui date de 2010 que l’Algérie consacre environ  800 milliards de dinars aux produits énergétiques.

En outre, la diminution ou même la suppression des subventions « devrait contribuer à contenir la consommation interne de l’énergie et à augmenter le volume des exportations des hydrocarbures », explique encore le FMI. Une remarque à prendre en considération alors que l’Algérie a connu en 2013 une légère baisse de ses exportations d’hydrocabures, environ 4%. Sans oublier les fluctuations perpétuelles du prix du baril de pétrole.

L’Algérie doit donc moins subventionner de manière généralisée, mais plutôt développer une politique sociale adaptée à chaque type de population de la moins  à la plus défavorisée. La dépense sociale serait donc moindre et permettrait de dégager une nouvelle source de revenus qui pourrait être réinvestis dans d’autres secteurs, lutter contre le chômage en créant de l’emploi ou aider justement les personnes qui ont réellement besoin d’aide.